‹ Les nouvellistesChapitre 38 sur 139 · Mercure galant) 16*73, III. p. 164 et suiv · texte numérisé non relu

Mercure galant) 16*73, III. p. 164 et suiv

velliste porte avec lui un carton, qui contient de grandes feuilles de papier; et, à laide d'un « charbon », il y trace rapidement des lignes et des plans, destinés à rendre sa pensée plus limpide l.

Aussi bien ces nombreux nouvellistes, qu'ils fussent d'État ou de Parnasse, militaires ou critiques d'art, n'étaient pas indistinctement confondus. Chaque groupe, chaque spécialité avait sa place, que la tradition avait insensiblement fixée dans chaque promenade. Le public savait qu'aux abords du boulingrin on parlait plus particulièrement des marches et contre-marches de l'armée de Turenne, tandis qu'autour du « rond d'eau » il s'agissait des affaires étrangères, et que, sous les tilleuls de la grande allée, les titres littéraires des nouveaux académiciens et la valeur de la dernière pièce représentée à l'Hôtel de Bourgogne étaient débattus avec compétence. Seuls les turlupins sautillaient de groupe en groupe, piquant leurs bons mots sur les propos de leurs confrères, toujours alertes et vifs, et toujours railleurs.

Bientôt même les grands jardins acquirent dans leur ensemble leur spécialité : on verra par la suite comment le Luxembourg devint peu à peu le lieu de réunion des nouvellistes de Parnasse, tandis que les Politiques se portèrent de préférence au Palais- Royal.

Enfin le xvine siècle voit paraître parmi ces discoureurs un type nouveau, produit par le mouvement des idées; c'est l'économiste politique, le philanthrope, le physiocrate. Il disserte imperturba-

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