Grand Théâtre des nouvellistes, p
blement des bases de l'impôt, des règles de l'hygiène et des grandes idées philosophiques et morales qui vont régénérer l'humanité. Parmi les nouvellistes, ce dernier venu ne fut peut-être pas le plus amusant : on n'oserait pas affirmer qu'il fut celui qui eut le moins d'influence.
Nos discoureurs en plein vent avaient à craindre que le désordre ne se mît parmi eux. Quand les nouvelles affluaient, quand elles offraient matière à discussion, on ne devait plus savoir à qui entendre.
Louis XIV est en Hollande, à la tête de son armée : « Les nouvellistes ouvrirent presque tous la bouche dans le même moment pour dire ce qu'ils savaient de particulier; mais, la confusion commençant à devenir grande, il y en eut un qui, aimant moins le bruit que les autres, s'avisa de dire qu'il fallait que chacun parlât à son tour et racontât ce qu'il savait de particulier. Cette proposition plut et chacun choisit le siège (d'une ville en Hollande) dont il était le mieux instruit, pour en rapporter les particularités.
1. Bibl. uni., ms. franc. 22817, correspondance du comte de Lionne. — Du Camp d'Orgas, Satires ou. réflexions sur les erreurs des hommes et 1rs nouvellistes du temps; l'aris. 1690. — Mercure (/aluni. — .Uim, ? ./,• Paris par M. I. a V v y r)e; Amsterdam, 1747. — Saint-Simon. Mémoires, éd. de Boislisle. — Marchand. Mon radotage et celui des autres: Paris, 1760. — Abbé Morellet, Mémoires, Paris, 1821,2 vol. in-8
Celui qui s'était chargé de raconter celui d'Ossay commença de la sorte '.... »
Il se forma ainsi, pour l'apport, la concentration et
la discussion des nouvelles, de véritables sociétés qui prirent avec le temps une certaine cohésion. Ces groupes de nouvellistes, que l'on voyait se réunir dans les promenades pour s'occuper des événements du jour, étaient nommés les « pelotons »; et ceux de ces pelotons qui étaient parvenus à se donner l'apparence d'une organisation stable et régulière, étaient appelés des « sociétés », des « compagnies », et plus précisément des « bureaux ». Bureaux constitués comme ceux dune assemblée délibérante. Et c'est en vérité le nom qui caractérise le mieux ces réunions en plein air; car Du Camp d'Orgas, en 1690 — déjà ! — désigne un des « bureaux » qu'abrite, aux Tuileries, le parasol des marronniers en fleurs, sous cette dénomination, la Chambre.
... la Chambre se sépare.
— La Chambre, dites-vous ? — Oui. c'est un corps entier : lia son président, l'avocat, le greffier.
Pour moi. plus île cent l'ois, ji* me suis diverti Regardant de quel air leur greffier est bâti.
Son habit en hiver, vous transit el vous glace,
Son chapeau sans cordon tremble au moindre zéphyr,
Et l'on dirait toujours qu'il sort de maladie.
Auprès du président et du greffier — nous dirions aujourd'hui : du secrétaire — le « questionneur » jouait un rôle important. S'agissait-il d'une bataille, celui-ci marquait sur ses tablettes, en suivant le