Nouvelles nouvelles, II. 264s
L'un, sans cesse attentif aux grandes entreprises, Ne parle que d'assauts, de combats, de surprises; Et l'autre, tout craintif pour les événements, Veut que tout cet été se passe en campements. Un autre, sérieux, fait «le toul un mystère Et paraît accablé du poids du ministère.
Déjà ils estiment, comme Figaro, qu'il n'est pas nécessaire de tenir les choses pour en raisonner.
D'autres, dans ce Palais, hâves el décharnés, Vous paraissent des gens à l'exil condamnés. Toul annonce chez eux une extrême famine, Et du corps de l'Etat la prochaine ruine. De nouvelles pburtanl sans cesse curieux, Ils vous divertiront par leur grand sérieux. Souvent à jeun, bien tard, ils parlent de finances, Donnent des pensions, font de grosses avances Et. sans avoir un sou. dans leur plaisant transport, On les voit équiper cent vaisseaux de haut bord '.
Les nouvellistes de Parnasse étaient cependant les plus nombreux, dans la Galerie comme dans la Salle. « Ceux qui se trouvaient sans tablettes et à qui on disait quelque sonnet au Palais, ou quelque épigramme qu'ils voulaient retenir, allaient de boutique en boutique demander de l'encre et du papier et les écrivaient sur les boutiques elles-mêmes 2. » C'est par le canal de ces critiques que les jeunes poètes s'efforçaient de parvenir à la renommée.
De nos jours, quelque émule d'Apollon a-t-il composé une jolie pièce de vers, il cherche à la publier dans une revue estimée pour sa rédaction et pour, son fort tirage; mais, au \vn siècle, il se rendait au Palais, pour y jouer celle petite comédie que nous ont conservée les Nouvelles nouvelles :
« Je le rencontrai là qui récitait son madrigal à un