Norvins, Mémorial, I
LES TCILERIES. 183
point que le monde diplomatique venait se confondre dans leurs groupes. Leur notoriété devient telle que les personnages les plus qualifiés envoient leurs domestiques retenir des chaises, deux ou trois heures d'avance, dans les cercles où fréquentent et dissertent les nouvellistes les plus fameux, nouvellistes dont la science professionnelle est encore rehaussée par la sûreté et la fraîcheur de leurs informations, par la qualité et l'ingéniosité des commentaires dont ils les accompagnent.
La terrasse du bord de l'eau, parallèle à celle des Feuillants, avait elle aussi sa spécialité : on y faisait < le tri des nouvelles ». Là, sur les six heures du soir, arrivaient les « coqs » des différents « pelotons », qui, dans le cours de la journée, avaient entendu et discuté des nouvelles, non seulement aux Tuileries, mais dans les différentes promenades de Paris, au Luxembourg, au Palais-Royal, à l'Arsenal, aux Célestins. (( Les plus vénérables prennent séance, pendant que le reste, étant debout, ne se lasse point de participer à la récapitulation de ce qui a été débité de plus important, dans la journée, sur les différents points de Paris d'où il ne manque pas de venir des députés1. » Et l'aréopage, dont la réunion formait comme l'Institut des nouvellistes, levait la séance sur la proclamation des nouvelles définitivement acquises pour la journée.
.Mais nos grands hommes ont connu, eux aussi, des détracteurs. On les satirise dans les Promenades