ACTE r, SCÈNE I
INÉSILLE.
La nuit vous ne dormez plus ?
CARMEN. I
Je ne dors plug î INÉSILLE.
Mille désirs inconnus.
Mille souvenirs confus Se croisent daos votre tête.
Matin et soir ?
,, r 'l CARMEN. ■ t . ..
Matin et soir?
INÉSILLE.
" r 1 ' ! ! Ella noce (jui s’apprête
» ->■ t * •* !*■ Met votre Ame au désespoir?
CARMEN
Au désespoir! i INÉSILLE.
Si Dieu, comme aux tourterelles,
Vous avait donné des Utiles,
Vous seriez déjà bien loin?
CARMEN
Je serais loin !
' INÉSILLE.
, in Fort, bien! Il n’est pas besoin De m'en dire davantage :
Vos vœux sont ceux de votre âge!
V/s: inofin: 1 ENSEMBLE.*' *"»>’•’ 1 •'! ’» lr * i 1 ''
C’est l’amour Qui s'éveille,
Et tout bas me conseille, vous
Nuit et jour,
. Sans rien dire,
On soupire * ‘i-ah | T
Et l’on rit tour à loue: ' 1 " l H "
i C’est l'amour!
INESILLE.
Oui, senora, vous êtes amoureuse !
CAHMENi-
Veux-tu bien te taire! si l’on t’entendait!
INÉSILLE.
Oui, mais on ne nous entend pas. Allons, voyons, nous sommes seuls! Est-il blond? Est-il brun?
CARMEN
Brun! 'Oau-mri r--. Mitoi xiiu" ■> . 1
'lift V’K ;■ «INÉSILLE# : . • A-» * * * :
C’est ma couleur !... grand ?
« i CARMEN. '<■ •
Une jolie taille ! -l n nf. - ;.l .
INÉS1LLE.
Et il s’appelle?
CARMEN
Je l’ignore !
INÉSUXE.
Ah bah! vous x ne savez pas son nom?
CARMEN. ,|ül/
Je sais seulement que c’est un jeune officier anglais! ,
1NKSILLE.
Et d'où sort-il cet officier-là... où Taxez-vous vu?
CARMEN
Tu te rappelles bien ce bal donné, il y a un mois, par les officiers anglais en garnison à Gibraltar, et où, par extraordinaire, mon oncle nous a menées, ma tante et moi?
inksille. /.
J’y suis! il vous a fait danser?
CARMEN. ' ‘ n -
Toute la nuit. Nunez étaft furieux.
INÉS1LLE.
Et votre tante? ,
Oh ! elle dansait aussi. Elle avait accaparé sun officier d’un certain âge, qui brouillait toutes les figures...
1NÉSILCE, riant/ “ 1 '
Afi! ah! Et que vous disait-il, ce bel amoureux?
■ . . «If - .
CARMEN
GOUPLET8.
Il me disait d’une voix tendre :
« Belle senora, mou etpur est à vont. J « Ne refusez pas de m'entendre)
« Et dites un mof, je suis votre époux. »
— Je sais que le vent
Emporte souvent -■■n uni/ r sïtoi‘"' ,inO
Une promesse folle;
Et malgré moi, ot im q ut-/i. >V
Je ne saurais dire pourquoi,
, ma , }e, me fiais sans crainte à sa parole^}
Oui, je ma fie à sa parole. .
« De ce doux roman qui commence, 1,1 •••
• « Gardez, m’a-t-il dit, le Citer souvenir;
« De vous revoir'j'ai l’espérance, 'molim i Bin U-". i « Je braverai tout pour vous obtenir. »
, Je sais que le vent, etc. • I !,t.i !.. niill