‹ Les nuits d'hiverChapitre 1 sur 43 · DE LA VIE DE BOHÊME · texte numérisé non relu

DE LA VIE DE BOHÊME

Comme un enfant de Bohème, Marchant toujours au hasard.

Ami, je marche de même Sur le grand chemin de l'art.

Et pour bâton de voyage, Comme le bohémien, J'ai l'espoir et le courage :

Sans cela je n'aurais rien.

Car cette route si belle Quand je fis mes premiers pas, Maintenant je la vois telle, Telle qu'elle existe, hélas î

Je la vois étroite et sombre, Et déjà j'entends les cris De mes compagnons dans l'ombre Qui marchent les pieds meurtris.

J'entends leur chant de misère, J'entends la plainte de mort De ceux qui restent derrière ; Et pourtant j'avance encor

Et debout sur le rivage, Les pieds mouillés par le flot, Ami, c'est d'après l'orage Que j'ai tracé mon tableau.

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