‹ Les nuits d'hiverChapitre 12 sur 43 · LA MENTEUSE · texte numérisé non relu

LA MENTEUSE

Où courez-vous, ma belle enfant,

Seule, à cette heure, dans la plaine, Pied leste et le cœur palpitant, Si loin, si tard, qui vous entraîne?

Où courez-vous, ma belle enfant?

— Ohl laissez-moi, ma mère pleure, Car mon petit frère est perdu ; Nous l'appelons depuis une ùeure,

Ci LES NUITS D'HIVER.

Et l'écho seul a répondu.

Oh! laissez-moi, ma mère pleure!

— Pour chercher l'enfant égaré Est-il besoin d'avoir, mignonne, Fleur au corset, bijou doré,

Fin soulier, dentelle et couronne.

Pour chercher Tenfant égaré?

— Ma grande sœur est mariée, Je vais la rejoindre au festin, Et du bal,*où je suis priée, J'entends dMci le tambourin.

Ma grande sœur est mariée !

— De son frais bouquet nuptial Depuis huit jours ta sœur a,*née A paré son sein virginal,

Et déjà la fleur est fanée De son frais bouquet nuptial.

— Je vais là-bas, sous les vieux chênes,

Là-bas, rejoindre mon amant.

Il m'épouse aux feuilles prochaines.

Ne le dites pas à maman ;

Je vais là-bas, sous les vieux chênes

Page 1