LA MENTEUSE
Où courez-vous, ma belle enfant,
Seule, à cette heure, dans la plaine, Pied leste et le cœur palpitant, Si loin, si tard, qui vous entraîne?
Où courez-vous, ma belle enfant?
— Ohl laissez-moi, ma mère pleure, Car mon petit frère est perdu ; Nous l'appelons depuis une ùeure,
Ci LES NUITS D'HIVER.
Et l'écho seul a répondu.
Oh! laissez-moi, ma mère pleure!
— Pour chercher l'enfant égaré Est-il besoin d'avoir, mignonne, Fleur au corset, bijou doré,
Fin soulier, dentelle et couronne.
Pour chercher Tenfant égaré?
— Ma grande sœur est mariée, Je vais la rejoindre au festin, Et du bal,*où je suis priée, J'entends dMci le tambourin.
Ma grande sœur est mariée !
— De son frais bouquet nuptial Depuis huit jours ta sœur a,*née A paré son sein virginal,
Et déjà la fleur est fanée De son frais bouquet nuptial.
— Je vais là-bas, sous les vieux chênes,
Là-bas, rejoindre mon amant.
Il m'épouse aux feuilles prochaines.
Ne le dites pas à maman ;
Je vais là-bas, sous les vieux chênes