A HÉLÈNE
Enveloppé d'épaisse prose, Comme de flanelle un frileux, Laisse parler l'esprit morose, Qui s'est trop pressé d'être vieux.
Le chardon médit de la rose; C'est le pécné des envieux.
Puisque la Providence est bonne, Et répand d'une mémo main
Le bluet qu'on tresse en couronne Parmi le blé qui fait le pain, Profitons des biens qu'elle donne :
Aujourd'hui vaut mieux que demain !
Poûrrais-tu donc perdre sans peine
Ainsi ta plus belle saison?
Lorsque Dieu, d'amour la main pleine,
Fait sa divine semaison.
Tu peux ouvrir ton cœur, Hélène,
Le semeur bénit sa moisson.