‹ Les nuits d'hiverChapitre 38 sur 43 · LES TROIS VOILES DE MARIE BERTHE · texte numérisé non relu

LES TROIS VOILES DE MARIE BERTHE

Le premier voile de Marie Berthe était d'un lin plus blanc que la neige , et tramé de fils aussi légers que ceux que dévident les fuseaux de la Vierge. Marje Berthe l'avait brodé de ses mains, et il était orné d'une guirlande en fleurs de soie si bien imitées % que les abeilles s'en approchaient.

Elle ne mit qu'une fois son voile blanc , — le jour où elle fit sa première communion.

Le second voile de Marie Berthe était de laine noire.

Elle Favait commencé le jour où sa mère était morte et où elle était restée seule à la maison. Il était brodé de palmes sombres comme celles des arbres qui sont dans les cimetières, et Marie Berthe l'avait arrosé de toutes ses larmes.

Elle ne mit qu'une fois son voile noir, — le jour où elle devint la fiancée du saint Christ dans le couvent de l'Ave-Maria.

Le troisième voile de Marie Berthe était fait d'un morceau de l'azur céleste. Il était brodé d'étoiles, et il embaumait les odeurs du paradis.

Ce fut son ange gardien qui le lui donna le jour cù elle s'en alla dans le ciel.

Avril 1844.

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