‹ Les nuits d'hiver poésies complètes Henri MurgerChapitre 11 sur 43 · LES CORBEAUX · texte numérisé non relu

LES CORBEAUX

Le jour tardif blanchit à peine , La silhouette des coteaux Dans Tombre encore est incertaine, La vapeur qui monte des eaux Rampe en brouillard blanc sur la plaine Où vont descendre les corbeaux. «

De loin, bien avant quMl paraisse»

Leur vol, que l^>n entend venir.

LES NUITS D*HlVfiB.

Selon le vent monte ou s'abaisse; Rien ne pourra les faire enfuir, Car ils sont affamés sans cesse :

Tout leur est bon pour se nourrir.

Attirés par l^odeur malsaine, Sur les carcasses d'animaux On les voit tomber par centaine ; . Et dès qu'ils ont blanchi les os.

Ils abandonnent leur aubaine Au tourbillon des étoumeaux.

L'hiver, par la neige affamée.

Leur voracité sVnhardît, Et dans la basse-cour fermée La troupe noire entre, à midi, FbuîHant du bec dans Ja buée Qui sort du fumier attiédi.

CHANSONS RUSTIQUES

Sans étudier la Science Dans le Grand Messager boiteux.

Ils savent quand on ensemence.

Et, suivant le pas lourd des bœufs, Pillent la future abondance Dans les sillons ouverts par eux.

Ils sont plus défiants qu*en guerre

Un avant-poste de soldats ; Le plus fin chasseur de la terre De près ne les approche pas.

Et de loin ne les atteint guère : Ils flairent là puadre à cent pas.

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