‹ Les nuits d'hiver poésies complètes Henri MurgerChapitre 12 sur 43 · LP. CHIEN DL BRACONNIER · texte numérisé non relu

LP. CHIEN DL BRACONNIER

A AMÊD^R GUYdT

Pour fortune sur cette terre.

Où Dieu m'a fait naître sans bien.

Tai le fiisil de feu mon père.

Pour ami je n'ai que mon chien :

Je Tai choisi dans la portée, Gomme il venait d^ôtre mis bas, Et pour lui faire i& pâtée Souvent j'ai rogné mon repas.

LES NUITS D ilIVEB.

Au marais, eu plaine, en forêt.

Bon à courre et ferme ù l'arrêt, Il quAte, haut le nez dans la brise; Quand le coup part, la pièce est prise.

11 est aussi bon qu'il est beau, Mon Ramoneau.

Cest Ramoneau que je rappelle, Et pour le vendre on m^oAHrirait De Tor trois fois plein son écuelle. Que je dirais : « Non, » sans regret; Car depuis vingt ans que je chasse.

Par pluie, ou vent, où plein soleil, rai dressé bien des chieus de race Sans jamais trouver son pareil.

GriiTon pur à tête superbe.

Où dans le poil le regard luit

CUAiSSOiNS RySTlQUES.

Tel que le ver luisant sous Therbe,

Il est tout noir comme la nuit; Et les limiers de véneHe Qu*on estampille sur le flanc D'un chififre ou bien d'une armoirie Ne sont pas nés d'un meilleur sang.

C*est un rude et madré compère :

Quand nous maraudons dans un bois, S*il entend le propriétaire, 11 me l'annonce par la voix; • Et pour ne point donner Talarme Lorsqu'il évente un fin gibier.

Il est prudent comme un gendarme Qui veut surprendre un braconnier.

Quand il a bien fourni sa tâche, Et qu'au foyer, brisé, rendu,

LE6 .\L1TS D'UiVËR.

Secouant sa queue eu panache,

11 sommeille, long-étendu.

Croyant toujours mener le lièvre, 11 aboie intérieurement

Avec (les mouvements de lièvre. De petits ssursauts eu dormant.

Ses deuts m lui marquent plus d'âge; Aussi vieux que le temps Jadis, La vieillesse a sur son pelage Imprimé des chevrons blauchis; Mais il a toujours bonne gueule, Et, lorsque revient le printemps.

Autour de sa vieille épagneule 11 rôde encor de temps en temps.

Homme ou cliien, ici-bas tout passe :

Hamoneau n'a plus le nez fin,

• CHANSONS RUSTIQUES

Son (eil s'éteint, sa voix se casse; Mais les vrais chiens n*ont pas de fin...

Dieu làrhaut leur garde un bon gtte.

Frais en été, chaud dans 1 hiver.

Au paradis des chiens d*élite.

Dans Ja meute de saint Hubert.

Au marais, en plaine, en forêt.

Bon à courre et ferme à Tarrét, Il quête, haut le nez dans la brise; Quand le coup part, la pièce est prise.

Il eét aussi bon quMl est beau.

Mon Ramoneau.

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