‹ Les nuits d'hiver poésies complètes Henri MurgerChapitre 15 sur 43 · ANTITHÈSE · texte numérisé non relu

ANTITHÈSE

C'est un asile pauvre, une retraite austère Où s'est clos, dans Tétude, un hùte solitaire.

Le jour, il dort; la nuit.

Pour se mettre à son œuvre il se relève, allume Sur sa table boiteuse une lampe qui fume.

Et qui veille avec lui.

Dans Tàtre mort la cendre en talus s'amoncelle

Kl le grillon frileux, amant Ue Tétincelle,

96 LES iNtITS D'HlVIiR.

N*6n voyant plus, héias!

Cesse de lameuter sa plainte accoutumée Sur le vieux chenet-sphinx où la bûche enflamnn<îe Se tordait en éclats.

Et pourtant au dehors souille une bise aiguë ; Sous de triples manteaux le passant, dans la rue.

Sent ies ongles du froid; L'étoile^a des frissons dans la sphère divine. Et la neige épaissit la fourrure d*hermine

Dont s'est vêtu le toit.

Aux vitres, où le vent par la fêlure glisse, Le givre, en burinant son étrange caprice,

A déjà fait saillir tne souple arabesque Où se tord en spirale Le feuillage irisé d^une flore idéale

Prête à s'épanouir.

Goog le

FAxNTAISIES.

La feDètre est étroite et jamais oe s'éclaire Au rayon iiiuLiiiul de la clarté solaire.

Da sol jusqu^au plafond»

Sur les jaunes parois, la sueur de novembre Semble un long chapelet formé de perles d'ambre

Qui s^égrène et qui fond.

Mais pour Thôte du lieu, lorsque Paris sommeille, * Et qu^auprès de son œuvre il commence sa veille,

Toute sa pauvreté, Comme un palais féerique, à ses yeux s'illumine. Car cet hôte est Tamant d*une muse divine

Qui chante à son côtét

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