‹ Les nuits d'hiver poésies complètes Henri MurgerChapitre 14 sur 43 · LES NUITS D*HIV£R · texte numérisé non relu

LES NUITS D*HIV£R

Et notre gaité blonde aux grauds éclats de voix Hélas I s^est envolée, — ô ma cousine Angèle!

Écoliers turbulents de la classe échappés.

Pour danser en chantant Tantique ritournelle :

« Nous n'irons plus aux bois, les lauriers sont coupés, » Nous nMrons plus aux bois, ^ ô ma cousine Angèle l

Plus heureuse que moi, tous n^avez pas quitté

Le foyer de famille, et la voix maternelle

Conserve à votre cœur la sainte piétë

Qui n'est plus dans le mien, — 6 ma cousine Angèle!

* Vous avez le travail pour compagnon le Jour, La nuit un ange blanc vous couvre de son aile. Et des songes bénis descendent tour à tour Du ciel à votre lit, — ô ma cousine Angèle l

Votre parole est douce ainsi gue votre noni ; L*esprit de la bonté dans vos yeux se révèle. Et vos seize ans fleuris eiubaumeut la maison D*un parfum de jeunesse, — ô ma cousine Angèlel

Autrefois, quand venait le jour de Tan nouveau. Selon le contenu de ma pauvre escarcelle

J'arrivais tout joyeux vous offrir mon cadeau, Qui ne coûtait pas cher, — ô ma cousine Angèle!

Hais depuis ce temps-là le diable, comme on dit, S*est logé dans ma bourse, et vainement j'appelle

Plutus, raveugie dieu, que je crois sourd aussi. Car il ne m'entend pas, — ô raa cousine Anfiièle!

Donc, vous n*aurez de moi nul présent aujourd'hui,

Ni keepsake éolatant, ni riche bagatelle.

Ni bijou ciselé par quelque Cellini,

Et ni bonbons sucrés, — ô ma cousine Angèle!

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Vous n*aurez rieu de moi qu'ua serrement de main. Ou qu'un baiser au front, — étrenne fraternelle, Et puis ces pauvres vers que,- ce soir ou demain. Vous oublirez sans doute, — ô ma cousine Angèle 1

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