LÀ ROSÉE
Le sylphe matinal qui verse la rosée,
Trop amoureux du lis, oublia ce matin
De baigner Thumble fleur demi-morte et brisée
Qu*une larme du ciel ranimerait soudain.
Comme fait un amant avec sa fiancée ,
A quelque muse triste ayant donné la main.
Cherchant Tombre et la paix, pied lent, tête baissée.
Un poëte le soir traversa le chemin.
106 LES NUITS D*HIVEK.
Soit amour mal éteint, soit douleur mal fermée. • -Il pleurait en marchant sous Tombreuse ramée ; Une larme tomba de ses yeux sur la fleur.
Sur la fleur demhmorte au pied du lis ^uperbc , Cl qui reprit bientôt, p^rml ses sœurs de l'hiirbe
Soû arôme champêtre et ses vives couleurs.
A HKLKNE
Enveloppé dN'paisse prose, Comme de flanelle un frileux, Laisse parler l'esprit morose, 'Qui s'est trop pressé d'être v;enx.
Le chardon médit de la rose; C'est le ppchj^ de^ envieux.
Puisque la Providence est bonne.
Et répand d'une même main
Le biuet qu'on tresse en couronne Parmi le blé qui fait le pain.
Profitons (les biens qu'elle donne :
Aujourd'hui vaut mieux que tlemaiul
Pounrais-tu donc perdre sans peine Ainsi ta plus belle saison?
Lorsque Dieu, d'amour la main pleine, Fait sa divine semaison, Tu peux ouvrir ton cœur, Hélène, . Le semeur bénit sa moisson.