‹ Les nuits d'hiver poésies complètes Henri MurgerChapitre 19 sur 43 · LÀ ROSÉE · texte numérisé non relu

LÀ ROSÉE

Le sylphe matinal qui verse la rosée,

Trop amoureux du lis, oublia ce matin

De baigner Thumble fleur demi-morte et brisée

Qu*une larme du ciel ranimerait soudain.

Comme fait un amant avec sa fiancée ,

A quelque muse triste ayant donné la main.

Cherchant Tombre et la paix, pied lent, tête baissée.

Un poëte le soir traversa le chemin.

106 LES NUITS D*HIVEK.

Soit amour mal éteint, soit douleur mal fermée. • -Il pleurait en marchant sous Tombreuse ramée ; Une larme tomba de ses yeux sur la fleur.

Sur la fleur demhmorte au pied du lis ^uperbc , Cl qui reprit bientôt, p^rml ses sœurs de l'hiirbe

Soû arôme champêtre et ses vives couleurs.

A HKLKNE

Enveloppé dN'paisse prose, Comme de flanelle un frileux, Laisse parler l'esprit morose, 'Qui s'est trop pressé d'être v;enx.

Le chardon médit de la rose; C'est le ppchj^ de^ envieux.

Puisque la Providence est bonne.

Et répand d'une même main

Le biuet qu'on tresse en couronne Parmi le blé qui fait le pain.

Profitons (les biens qu'elle donne :

Aujourd'hui vaut mieux que tlemaiul

Pounrais-tu donc perdre sans peine Ainsi ta plus belle saison?

Lorsque Dieu, d'amour la main pleine, Fait sa divine semaison, Tu peux ouvrir ton cœur, Hélène, . Le semeur bénit sa moisson.

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