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grand tir, <it nous habitons la ni»' Guérin-Boisseau, nous chrétiens baptisés] Vètoru migraU coloni! Place i la civilisation!
Dans ce même Eden, nommé Pulo-Pfnang, la capitaine Montfort a ru tm collège où dea prêtres catholiques élèvent deui cents enfants indiens, cte*ur enseignent la langue latine comme une langue vivante, et ces élèves la parlent avec une grande facilité.
/-• fus réellement enchanté, dit M. Montfbrt, de ces iignei ouvriers èvanrjêliquos, qui, reprenant la civilisation à son antique base, introduisent la langue de Cicéron et de Virgile dans les contrées les plus voisines de l'aurore. Certes, l'avenir a des secrets impénétrables, mais il nous permet quelquefois de faire un trou à sa toile, et alors on distingue confusément, dans des lointains vaporeux, quelque chose de mieux qu'une conjecture. Ainsi, à propos de ce collège, où des prêtres élèvent de jeunes Indiens, et mêlent les harmonieuses désinences du liamaïana aux mélodies de la langue de Virgile, on peut entrevoir, dans l'avenir, un monde asiatique nouveau : le latin est le germe de la civilisation chrétienne. Le germe est déposé, l'arbre viendra. Un autre fait bien plus grave vient à l'appui de ce raisonnement, et ce fait, mon ami, vous l'avez développé dans l'appendice que vous avez ajouté à ce livre, avec un rare talent de style et une grande lucidité d'appréciations. 11 y a un élément civilisateur et chrétien au fond de cette mystérieuse insurrection chinoise, qui veut anéantir la puissance tartare, et rétablir l'antique dynastie des Mings. La religion de Fo s'écroule; les grandes idoles des dieux sont renversées; le nom du Dieu nouveau n'est pas encore prononcé par lesrévo-
lutionnaires iconoclastes, niais attendons encore un peu; ce nom retentira au dernier coup de foudre. Le père Valette enseigna le nom de ce Dieu à l'Amérique, quand il traversa le premier les forêts vierges du Mississipi. François Xavier a dit le même nom aux deux rives de la mer Jaune, et ce nom n'a pas été oublié, il n'a été qu'enseveli. !1 ressuscitera le troisième jour. Vn siècle n'a que vingt-quatre heures sur le cadran de la civilisation chrétienne. Après l'Amérique, l'Asie aura son tour de communion. Un pauvre petit Indien a salué le capitaine Mont fort en ces termes : Ave, domine viator, quomodo vales? Cet enfant saluait un monde nouveau qui va venir dans le pays du soleil, et résoudre la véritable question du véritable Orient.
Telles sont les réflexions qui m'ont été inspirées par la lecture du livre oriental auquel vous avez pris une part de collaborateur si grande, et je vous envoie en échange mon livre des Nuits d'Orient, les petits Cadeaux, etc.
Mért.