‹ Les nuits de BerlinChapitre 21 sur 33 · LA GENTILHOMMERIE · texte numérisé non relu

LA GENTILHOMMERIE

Magnat, dont le grand-père avait tout au plus quarante vassaux ?

— On dit qu'il n'emploie qu'un régisseur, et qu'il n'a besoin que de trois gardes-chasse pour faire la police de toutes ses terres.

— Pour le bon exemple, il ne manque jamais de se faire Altifier et Monseigneuriser devant nous par ses trois gardes et son vieux cuisinier.

— Ah! l'empoisonneur! J'ai eu le malheur de passer vingt-quatre heures à M..., et je crois avoir encore dans l'estomac ses maudites fricassées de pattes d'oie, de harengs crus, de chair de loutre et de foie de cochon à la rhubarbe.

— Il n'a qu'à se faire principilîer tant qu'il voudra par ses trois ou quatre valets, mais je vous promets bien que je l'appellerai toujours votra seigneurie^ et que je ne lui dirai jamais ni votre grâce, ni votre dllectioii, iii votre bonté princiéres.

— Ni moil

— Ni moi î

— Ni moi non plus 5 je croirais tomber en bourgeoisie , et j'aimerais autant sortir de mon chapitre pour épouser le bourgmestre Juëll ou réchevin Bodenkirchen.

Après cette exclamation d'une Chanoinesse de Thorn, la porte s'ouvrit à deux battants ; on entendit annoncer la grâce princiére de M. de P».. M..., qui se mit à parler sur les combinaisons pittoresques et les jardins anglais^ de manière à ce que toute la compagnie se mit à bailler à bouche béante (au mépris de l'usage aristocratique et de l'urbanité nobiliaire).

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« La Théologie n'est pas la science de » tout le inonde ; les sots s'en embestent » et les meschanls s'en empirent. »

Le p. Cotxon.

Le principe du gouvernement qui régit la Prusse est tout à la fois militaire et protestant ; ce dont il résulte que le roi Frédéric- Guillaume redoute également la propagation des principes

catholiques et des idées généreuses. Originairement, c'était l'envie d'opposer la Prusse protestante à l'Autriche catholique qui avait déterminé les rois de Prusse à se présenter comme devant être les champions du protestantisme en Allemagne ; mais quand l'ambition politique de la Prusse a été plus ou moins satisfaite, le cercle de ses prétentions réformistes s'est agrandi , et , présentement , ce n'est plus seulement sur la confédération germanique, mais c'est encore sur la France et la Savoie , le Piémont , les provinces belges et les cantons catholiques de l'Helvétie , que le roi Frédéric voudrait étendre son influence dogmatique, ainsi que le réseau de ses douanes. Ce vieux calcul politique des marquis de Brandebourg et des premiers rois de Prusse a pris aujourd'hui tous les caractères d'un fanatisme haineux. Heureusement que ce fanatisme est rempli d'inconséquence et de gaucherie , on ce

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