SCÈNE 1ère. Î
MARIOLLE, TORPILLE, RATS DE SEINE, PUS FRISE- LINOTTE, ensuite POUSSIER. Zous (es rats sont a droite, les uns assis, les autres debout. Murmures.
MaARIOLLE (sortant de la porte qui communique dans le cabaret).—Vous tairez-vous donc, à la fin, tas de mauvaises pratiques. Est-ce que par hasard vous vous croyez ici dans la boutique d'un patenté ? Avec ça que le garde-pêche et les inspecteurs de la navigation ont l'œil ouvert toute la nuit comme des chats. (Z/ va s’asseoir à une table à gauche, un falot et un grand registre devant lui.— Nouveaux murmures).
FRISE-LINOTTE (paraissant sur le mur du fond,
a Co pa donc, les autres, on vous A entend de la rue. Vous ne pouvez pas vous 4 mettre une sourdine à la guimbarde ? $
Marioce—[fn attendant, v'là la nuit qui 4 s’avance, et si je veux bien vous recevoir ici à des heures indues et acheter une foule d'objets ! et de marchandises, sans trop vous demander où vous les avez ramassés, vous savez qu'aussitôt le jour venu, n, i, ni, c’est fini, je ne connais plus personne.
FRISE-LINOTTE.—Connu ! connu. 4
MaRIOLLE (assis à la table). —Et ce rendez- # vous de nuit des rats de Seine, c’est à-dire de tous les pirates et rôdeux de la rivière, redevient au point du jour l’enclos de vot’ serviteur, le cabaretier François.
Torpiice (assis).—Dit le Mariolle.
MarioLze.— Honnête et simple associé de son voisin, monsieur Macreuse, maître de chaloupes et commissionnaire par eau...
FRISE-LINOTTE (en srène).—A une bonne demilieue au-dessus de Paris, dans un endroit peu fré-
uenté.. Et enfoncés les curieux ! (S’approchant
e la table.) Eh bien! le père François, allonsnous faire affaires aujourd'hui? v'là un bon petit sac, il y a un peu de tout : des vieux clous, des boutons.
MaARIOLLE.—Laisse-moi donc tranquille, toi.
Je commence l'appel. Attention, vous autres... Torpille !
TorPILLE (s’approchant d'un air boudeur).— Voilà, monsieur François!
Maniozce.—"Trente-deux livres et demie de cuivre et un lot de feuilles de radoub et de chevilles de carénage... Total cinq francs sept sous.
OUvez pas vous arde ?
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Tant que ça de cuivre! Dis donc, Torpille, tu
À travailles donc dans les mines à présent !
Torrile.—Oui, j'ai trouvé une veine ! mais il paraîtrait que ça n’est pas une veine d’argent.
ManioLLe.Allons, dépêchons... Lindor !...
(Un des rats s'approche, il est cagneux, il boite.
FRISE-LINOTTE.—Dites donc le beau Lindor ?
Torrize.—ÆEst-il bâti en zig-zag !
FRISE-LINOTTE (& lu-même).—Oui, mais en v’'là un qui sait vous fabriquer une fausse clef.
Marniozce (@ Torpille)—V'là ce qui te revient.
ToRPILLE.—Ce qui me revient ne me revient guères.. C’est toujours pas avec ça que je m'acheterai des outils de rentier.
FRISE-LINOTTE.—Eh bien ! père François, c’est donc dit que vous ne voulez pas de mon petit lot ?.….
MaRioLLe.—En v'là assez! Est-ce que c’est ton affaire, à toi, Frise-linotte ? chacun son métier.. Tu baignes les chevaux, tu laves les chiens, tu remontes les chaloupes..
FRISE-LINOTTE.-- Eh ben! oui, je repêche les bûches, j’aide les billeurs, les débardeurs, les rivoyeurs et tous les barbotteurs de la rivière ; je donne aussi des leçons de natation à dix centimes le cachet; pour la coupe marine, ho! du canot! mais c'est pas une raison, quand je trouve une valeur...
Manioze.—Allons, c’est bon! (Aux deux autres.) Tenez, vous autres, votre compte est fait. V'là vot’ bénéfice. (Murmures parmi les rats ; le jour vient peu à peu.)
Pousster (passant sa tête à la porte du fond).— Piou,: piou, piou, piou, piou! coquerico. (Z/ imite le chant du coq.)
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