‹ Les nuits de la Seine [microforme]Chapitre 64 sur 87 · SCÈNE V · texte numérisé non relu

SCÈNE V

LES MÊMES, JOYEUSE, MONTBAR, ÉQUIPE DU Belzébuth.

Joyeuse (dans un porte-voix).—Ohé! de la cambuse ! ohé! ohé ! un punch au kirsch et des verres propres, pour le Belzébuth, chaud !

MaARIOLLE (rentrant).— Voilà, messieurs, à la minute. (Z{ sort aussitôt.)

LUCIEN (qui les aperçoit).—Joyeuse, Montbar ! comment vais-je expliquer ma présence dans ce cabaret ?

MonTBaR (le reconnaissant). —Oh! mais, c’est Lucien! (Z{ va à lui. Les canotiers vont s'asseoir à droite, à la première table.)

Joyeuse (allant à lui).—Tu es donc venu à notre rencontre ? Tu sais que nous allons à Saint-Frambourg, d’abord pour les régattes…

MonrBar.—Et qu'énsuite, nous sommes du souper des intimes, chez ton père le capitaine Renaud.

Joyeuse.—Oh ! rassure-toi, nous avons embarqué l’habit noir. Parbleu! tu vas monter avec nous. (Apercevant Romany.) Ah! diable! tu n’es pas seul,

ROMANY.—Pardon, mon cher Joyeuse, nous attendons une embarcation qui est en retard, et je crois que nous ne pourrons pas faire route avec vous.

Joyeuse.—Route avec nous ! Mais je ne sache pas que j'aie eu l’honaeur de vous en faire la proposition, monsieur.

Romany.—Qu'’est-ce à dire !

MontBar (allant à la table où François vient d'apporter le punch). — Viens donc, Joyeuse ; voici le punch; ne perds pas ton temps avec monsieur, que d’ailleurs nous ne connaissons pas.

ROMANY (passant au milieu).—Que signifie ?

Messieurs, est-ce une insulte ?

PoussiER (qui est assis aux fond avec les Rats de Seine).—Ksi... ksil y vont se crêper les fils de famille,

Joyeuse.—Une insulte! vous vous trompez, monsieur, je ne pouvais pas supposer que vous fussiez invité chez le capitaine Renaud.

MonTBaAR (assis). —Après ce qu’il nous a dit!

Joyeuse (de même).—En effet, il paraît qu'il vous connaît beaucoup mieux que nous ne prétendons vous connaître.

Romany.—Insolents ! (Lucien lui prend le bras.) Quoi ! cet affront me poursuivra toujours ! Je ne pourrai donc pas me soustraire à cette honte ? Et cela me vient eacore des tiens, de ton père... (Aux jeunes gens.) Je pense, messieurs, que vous saurez vous montrer aussi hardis avec l'épée qu'avec la parole.

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