‹ Les nuits de la Seine [microforme]Chapitre 65 sur 87 · JOYE · texte numérisé non relu

JOYE

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JoyEusE.—Plait-il, monsieur !

MonrBar.—[C'est une rencontre ?

JoYEeusE.— Impossible, monsieur. Nous ne sommes plus destinés à fréquenter les mêmes lieux, comment voulez-vous que nous puissions désormais nous rencontrer quelque part ?

RomAny.—Misérables !... Oh ! cette honte !.… cette honte sur moi !...

LUCIEN (qui vient d'écrire sur une carte. Bas). —Prends, Romany. (Æaut.) Vous vous trom-

ez, messieurs, vous le rencontrerez ce soir chez

e capitaine Renaud, mon père ; comme vous, il a sa carte d'invitation.

Joyeuse (se levant). — Ah! c’est différent, monsieur.

LuCIEN (s’avançant). Il y a une espèce de malentendu entre mon père et M. de Romany ; mais, Dieu merci, une simple explicativu suffira.. Croyez-moi, messieurs, je vous en donne ma parole.

Joyeuse. — C’est bien, et puisqu'il en est ainsi... monsieur de Romany, moi, et ces messieurs... nous sommes tout à vos ordres. (Tous saluent Lucien et Romany.)

Romany. - Oh ! merci, Lucien, merci. (A part.) Quoi ! c’est lui qui me protège, qui me défend... et moi, j'allais... Oh! mais dévouement pour dévouement... (A OT Et puisqu'il faut pour te sauver, sauver aussi Flavignan, eh bien, nous le sauverons ensemble. Je te le jure... (A luimême.) Et je le jure à Dieu !... Viens!... Au revoir, messieurs. (/s sortent.)

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LES MÊMES, MONS LUCIEN ef ROMANY. Fe POUSSIER (courant vers la consommation à la-

quelle Lucien et Romany n’ont pas touché). —A nous, les autres ; c’est payé ! je retiens le bain tienne de pied, les médecins me le recommandent... à hamea cause de mon influxion de voix. naïfs, FRISE-LINOTTE (accourant avec un verre). —Eh foc et bien ! et moi donc ? endroi PoussiEr. — Hein ? les moucherons ça ne jusqu’à touche pas à la liqueur, ça les naye. canot € FRISE-LINOTTE (a part).—Va donc. Eh ! vieux dant a renard !.. il y a quelqu'un qui ne te perd pas Comm de vue. (Otant sa veste.) Tâche que je vais fond ; m'éloigner. lante !

Joyeuse (qui est allé au fond allumer son c1- en tête. gare).—Oh ! mais qu'est-ce que ça veut dire ? Tou: Montbar ! toute l’équipe de lA/batros qui re- DEY vient. prends

as pl SCÈNE VIL. | On.

LES MÈMES, DEVILLIEU amenant LUCIEN, L'ÉQUI- capital

PAGE DE L'Abatros, puis L'ÉQUIPAGE de la

DE L'Atalante. pour

étaien

Deviccieu.-=Non, non, non, je ne te lâche Luc

plus. Ah! mon gaillard, tu te caches par ici, de Fl

pendant qu’on nous fait là-bas la plus atroce j'hésit

plaisanterie. Tiens! le Belzébuth! (Ils échan- scrupt

gent des poignées de main.) de voi

LucIEN.—Que veux-tu dire, Devillieu, que DE:

s'est-il donc passé ? Joy Deviccieu (prenant le milieu de la scène). —

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Es, Ce

Que s'est-il passé ? Je suis bien aise que le Belzébuth soit É.. je vais te faire juger par tes pairs. Depuis huit jours, la commune de monsieur fait tambouriner sur toute la Seine, qu’il } aura ce soir courses nautiques, régattes aux lambeaux, feu d'artifice, enfin une fête vénitienne à Saint-Frambourg. De la part de ce hameau, c'était prétentieux. N'importe ; nous, naïfs, nous parons les avirons, nous hissons le foc et la misaine, nous mettons le cap sur cet endroit, que je ne peux plus qualifier. On va jusqu’à prévenir l'équipage de l’Afalante, le canot de l’Académie royale de musique ! (Regardant autour de lui.) Eh bien! où est-il donc ? Comment! il n’est pas là ? (Z! va à la porte du fond ; s'adressant au dehors.) Entrez donc, l’Atalante! (Entre l'équipage de l'Atalante, capitaine en tête, richement costumé.)

Tous LES CANOTIERS.—Vive l’Afalante/

DEvILLIEU (imposant silence).—-Stop! je reprends mon récit: Ils arrivent, nous arrivons. pas plus de fête de nuit que de frégate à trois ponts. Les courses étaient décommandées; le capitaine Renaud, le père de monsieur, le maire de la commune, venait subitement de partir pour Paris avec M. de Flavignan, et les régattes étaient tombées dans l’eau !

LucIEN (@ part).—Mon père à Paris ! avec M.

de Flavignan ! Oh! j'ai peur de deviner! et j'hésitais.. et je reculais !... Non, non, plus de scrupules ! agissons. Messieurs, permettez-moi de vous quitter, je.

DEVILLIEU.—Du tout, du tout.

JoyeusE.—Tu représentes ici ta commune.

En, ee

Devizcieu.—Et elle s’est conduite plus que légèrement à l’égard de l’ Albatros.

JoyEusE.—Du Belzébuth !.…

MonrT8ar.-- Du Scamandre !.…

Devisieu.--Ei de l’Afalante que je vous présente «1 |; personne de $on capitaine.

Joyei::.—"{u vas payer les frais de guerre.

Tous.--Oui, cui. condamné à l’unanimité !

DEVILLIEU. — À offrir ici, aux équipages en déroute, une nuit de punch, et dé régattes immenses sur un océan de vin chaud.

Tous (avec un seul cri).—Chaud! ohé! ohé! (Grand mouvement des équipes qui se mêlent.)

Torpizze.—Ah ça! font-ils un bruit! on ne sait plus ce qu’on boit !

PoussiEr.—Ils troublent les consommateurs !

Torpriice.—Nous ne reviendrons plus dans la maison.

Lucien.—Messieurs !.…

Joyeuse (dans son porte-voix). — Gardez les portes!

Tous.—Gardez les portes ! (Deux canotiers se mettent en faction à la porte du fond. Grand mouvement de peur parnu les Rats.)

PoussiER (mettant la main sur son cœur ).— Ah ! que c’est bête de faire des peurs comme ca !

Lucien (à part).—Oh! sortir! sortir d'ici!

(Apercevant Romany qui est entré.) Romany, on a 0 il n’y a pas une minute à perdre... il faut que cette nuit, l'honneur de monsieur de Flavignan soit sauvé!

Joyeuse (monté sur la table, à droite, dans son porte-voix).—Tout le monde sur le pont ! Attention, les enfants, on va exécuter le grand chabannais du Belzébuth /

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Tous.---Oui, oui, le grand chabannais !

MaRIOLLE (accourant).—Permettez, permettez, c'est trop petit ! «

DEVILLIEU (posément).— Le patron désire de la place. (Criant.) Enlevez les meubles !

Mariozce.—Mais ils vont tout briser dans la maison.

PoussIER (criant. —Je retiens la casse !

MaRIoLLe.—Je vous prie de respecter mon mobilier ! (Pendant ces derniers mots, les canotiers débarrassent tout ce qui se trouve dans le cabaret.)

Romany (4 Mariolle).—Laissez-les faire ; avant une minute, le tapage permettra à Lucien de s'enfuir sans être aperçu.

Marioie.—Mais ils me mettent au pillage !

RoMaANY (lui donnant une bourse).—Tiens ! ça me regarde ! (Devillieu et quelques canotiers sont sortis à droîte et rentrenten agitant des ustensiles de cuisine.)

DEVILLIEU (remettant deux couvercles de casserole à Joyeuse).—Place ! place ! voici l’orchestre! stop! (Z/ chante.)

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