‹ Les nuits de la Seine [microforme]Chapitre 87 sur 87 · HEN · texte numérisé non relu

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tère de ses flots. (Henri a reparu, il est resté un instant au fond à écouter Roncevaux, puis il va fermer à clef les deux portes de la masure.) HENRI.—Je voulais prier, supplier!... Voici qui sera plus sûr et plus court. (Z/ jette les clefs par la lucarne.) | Roncevaux (prête l'oreille et se relève exallé. Il aperçoit Henri).— Tu m'as enterdu, Filoche ? Oh! si tu avais une lueur de raison, tu comprendrais mainteaant ma puissance. Oh! oui, vois-tu, je veux que tu saches que je n’ai plus de

‘crainte, plus de complices !... que je me venge,

et que je suis enfin debont sur ma sécurité de gran':!... (Un premier coup sourd ébranle la ma'son.. ) Ils commencent... Fuyons !.…

Henri (à part .—Mon Dieu! je me dévoue, protégez mes enfants !... (Z{ passe à gauche.)

RONcE vaux (qui est allé à la porte de gauche). —Cette porte fermée ?... (1 se dirige vers la droite.)

HENar.—L'autre l’est aussi.

Ronce vaux .—Et les clefs, les clefs ?

HENR .—Dans le fleuve !

Roncevaux.—Malédictici!... Tu ne sais pas qu'ici la mort nous attend !

HENR'.—Je le sais.

RoncEvAuUX.—Il est fou ! Ah ! je vais les prévenir!... ({{ court à la trappe et fait de vains efforts pour la soulever.) Fermée !... Fermée en dedans !... (J{ revient à Henri.) Voyons!... Ge n’est pas vrai, tu as les clefs... donne-les ou je te tue !... ou je t’écrase sous mes pieds !... Ah! déjà, entends... les pierres tombent !... Voyons... Filoche... Je sais bien... Tu n'as pas ta raison... |

HENRI (se dressant de toute sa hauteur).—Je u'ai pas ma raison ! Regarde-moi donc, Georges de Roncevaux !

RoncEvaAUX (reculant ga gone? À —Ah!

HENRI. —La iumière qui s’est faite dans mon âme, n’en vois-tu pas les reflets dans mes yeux ?

RONCEvAUX (poussant un second cri).—Ah! je suis perdu !

HENRI. -- Démon ! il y a là-bas sous le toit tnaudit de ta demeure, un vieillard qui sanglotte et des enfants, mes enfants à moi, qui parlent

de movurir... Fils de l’enfer!... tu insultais le

ciel tout à l’heure, et tu bravais sa colère !... Ek bien ! c’est la colère divine qui m’a poussé hors de ma tombe... C’est Dieu qui me dresse fatal et terrible au devant de tes vengeances... Een le ciel que tu braves et qui va crouler sur toi !

RONCEVAUX.—Ah ! ne pauvoir me faire entendre. (Allant à la petite fenétre.) Ces barreaux !... (Cowrant à la porte de gauche.) Et cette porte !... Ah! la serrure ne cèdera pas, c'est moi qui l’ai faite. (A Æenri.) Mais tu ne sais donc pas que tu vas mourir aussi ?...

HENRI. —Que m'importe !... si ceux que tu voulais frapper, je les sauve !... (On entend des craquements.)

RONCE VAUX. (montrant la quittance). —Ah ! cet acte... cet écrit vengeur... Tiens, pour moi c'était la fortune, l'impunité !... Tiens, plus rien ! plus de traces ! (Z{ le déchire.)

HENRI.—Mon Dieu, soyez béni !..….

RoNGEvaux. —Oh! mais je ne veux pas mourir!... Mourir ainsi, nou ! (La masure s affaisse et croule avec fracas. Les poutres arrachées

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tombent mélées à des moellons énormes. L'une de ces poutres frappe Roncevaux à la tête ; il tourne sur lui-même, et va tomber au milieu des débris. \

SGÈNE VI.

Au-dessus des décombres la vue s'étend au loin sur le fleuve, "dont les eaux montent peu à peu ; elles couvrent bientôt l’éboulement. Par les arrachements et les restes encore debout de la masure, ainsi que par les constructions latérales sortent et s’élancent FRISE-LINOTTE d'abord, ainsi que FLAVIGNAN, RENAUD, LUCIEN Et ROMANY.

Romany et LUCIEN (au fond, sur les décombres). —Mon père !

FLAVIGNAN (4 gauche avec Renaud).—Ma fortune à qui le sauvera !

FRISE-LINOTTE (parvenant jusqu'à Henri que pas un débris n’a touché).—Il est sauvé !

Tous. —Sauvé !

FRISE-LINOTTE. —Qui ! mais ‘‘ la Cravate ” est aplatie.

HENRI (soutenu par Romany et Lucien).—Mes enfants, prions Dieu pour les morts, et pardonnons | (Tableau .)

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