‹ Les nuits de ParisChapitre 3 sur 44 · INTRODUCTION. V · texte numérisé non relu

INTRODUCTION. V

cheveux d'emprunt, beaucoup de pommade mélaïnocome, et d'énormes parties de blanc végétal, fait avec de purs minéraux- Mais le soleil odieux n'est plus là pour montrer ces chers ar- Lifices.

Paris est beau ; il retrousse sa moustache luisante ; il effleure le pavé de son pied verni ; — il se balance, tout chargé de diamants, de plumes, de fleurs, au trot triomphal des grands chevaux de son équipage.

N'est-ce pas la nuit que Paris dîne et danse? N'est-ce pas la nuit que Viardot, Alboni, Ulgade enfilent les perles de leurs chansons? N'est-ce pas la nuit que Ceritto ouvre ses ailes?

Et tandis que le boulevard étincelle, tandis que les grands magasins rayonnent, étalant leur or et leurs cristaux éblouissants, — tandis que les chevaux piaffent à la porte des théâtres, — tandis que le Champagne se frappe et que la truffe politique jette ses parfums provocants par la bouche des soupiraux, — tandis que le Paris brillant goûte à toutes les joies, essaye de toutes les ivresses, il y a un autre Paris qui a faim, qui a soif, qui a froid, qui souffre.

Ville magnifique et cité misérable !

Monstre dont la tête se couronne de perles et qui a ses pieds dans la boue.

Jouissances effrénées, douleurs sans bornes !

Tant qu'a duré la dernière lueur du crépuscule, là-haut, près de cette fenêtre ouverte sur les toits, une pauvre enfant, une noble fille, a fatigué ses yeux pour épargner la chandelle qui coûte un sou.

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