‹ Les nuits du Père-LachaiseChapitre 30 sur 40 · SO IK MAJOR D^E MORGHEN · texte numérisé non relu

SO IK MAJOR D^E MORGHEN

cour, ni auprès des grandes dames; c'était une seconde religion ; son fils était obligé de s'y montrer fidèle. Du moment où celui-ci convenait qu'il avait pris les belles manières de Berlin ou de Vienne, c'est qu'il les avait réellement prises. Quand son père lui demandait ensuite s'il avait vu le roi, c'est qu'il n'imaginait pas de question plus intéressante à lui adresser, lui, fidèle Allemand, jaloux d'élever son fils dans une noble fidélité. En ajoutant cette question : c T'a-t-il parlé de moi? » le baron prouvait qu'il n'estimait rien tant comme d'occuper un instant le souvenir du prince, et il pardonnait à son indifférence, en songeant qu'il avait sans doute des pensées plus utiles. Et s'il finissait par s'informer si son fils 8*exerçait toujours sur la flûte, c'est qu'il adorait cet instrument, et qu'il s'avait que rien ne chasse les mauvaises pensées et n'adoucit les mœurs comme la musique. Quelle raillerie un peu raisonnable infliger à ce dialogue, dont tout le tort était, pour un Français, dans la trop grande simplicité et la monotonie de la forme.

Enfin le jeune major de Morghen, au retour de son voyage à Londres, la troisième capitale, quitta encore son vertueux père pour aller passer deux ou trois ans à Paris, le creuset où tout s'épure. Il fut recommandé, béni et assez richement muni de billets de banque ?

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