‹ Les nuits du quartier Breda julietteChapitre 23 sur 32 · I.ES NUITS · texte numérisé non relu

I.ES NUITS

A la hauteur de la rue Tailbout, un homme, jusque-là immobile, se détacha de la devanture de Torloni et alla rapidement à la rencontre d’un autre homme qui sortait d’une maison située au milieu de la rue et l’aborda avec ce mot unique :

— Eh bien?

— Mon bon ami, répondit l’autre, ton affaire est délicate.

— Hein?

— Allons chez toi ! je te conterai cela.

C’étaient deux jeunes gens, dont la mise annonçait la grande bohème dorée qui soupe toujours et déjeune rarement, chasse habilement l’usurier, dépiste le créancier, flaire volontiers les femmes, et attend sans cesse un héritage qui ne viendra jamais.

Ils se prirent par le bras, gagnèrent la rue Laffitte, s’engouffrèrent sous la porte aristocratique du numéros, traversèrent la cour princière de cette belle maison et s’enfilèrent modestement dans un escalier de service qui mit ses sept étages à leur disposition.

Au nombre des roueries innocentes de ceux qui mènent à Paris une existence problématique, il faut classer celle du logement. On habite une

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chambre de domestique sous le zinc, mais on est toujours sorti, et la carte de visite, glacée et souvent ornée d’un tortil, porte ces mots :

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