‹ Les nuits du quartier Breda julietteChapitre 5 sur 32 · I,ES NUITS · texte numérisé non relu

I,ES NUITS

Use prit à sourire.

— Vous en parlez bien à votre aise, dit-il, vous qui ôtes jeune, quiètes belle, qui êtes aimée et qui aimez....

Fille baissa la tête et songea à Gérard.

Le prince continua :

— J’ai eu le malheur d’êlre très-riclie et de ne ménager ni mon cœur, ni mes émotions. J’élais blasé quand je vous ai vue, et j’ai compris que, dans mon cœur flétri, il n’y avait plus de place que pour vous. Vous ne m’aimez pas, et d’ailleurs je vais mourir. Mais je vous demande une grâce, me refuserez-vous?

— Cela dépend, dit Juliette émue.

Il passa la main sous son oreiller et y prit une lettre.

— Il y a quinze jours, poursuivit-il, j’ai voulu me tuer ; et je vous ai écrit pour vous confier non mes dernières volontés, mais mon dernier vœu. Prenez cette lettre. Quand vous apprendrez ma mort, vous l'ouvrirez.

— Ah ! dit Juliette, j’espère bien ne l’ouvrir jamais.

De nouveau, il lui prit la main et, celle fois, il la porta à ses lèvres brûlantes.

DU QUARTIER RREDA. 5:^

Puis il la repoussa vivement.

— Allez- vous-en I dil-il, laissez-moi mourir en paix, et priez pour moi, quand je serai mort, car vous devez être chrétienne.

Gérard habitait rue de Laval.

Il avait un pavillon d’un étage au fond d’un jardin, dans le coin duquel le propriétaire complaisant et qui aimait les artistes, lui avait permis d’installer une écurie pour son cheval et une remise pour son poney-chaise.

' Un groom de quinze ans et une femme de ménage composaient tout son domestique.

Son loyer n’allait pas à douze cents francs, et il avait une maisonnette à lui, et à l’entour de cette maisonnette de grands vieux arbres qui semblaient vouloir rappeler la forêt de Fontainebleau.

Parles nuits d’été, c’était un vrai nid de tourtereaux que cette maisonnette, et Gérard y était rentré ce soir là, en songeant à cette blanche Juliette qui allait en devenir la fée.

A une heure du matin, il se promenait encore dans le jardin, songeant à elle, rien qu’à elle et se disant :

— Ah ! ces huitjours ne finiront jamais.

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lîn coup de sonnette le fit tressaillir.

Entre le jardin et la rue, il y avait un corps de logis, une maison à locataires, sous laquelle on passait pour arriver chez lui.

Or, cette maison était habitée par des locataires âgés, tranquilles et qui, bien certainement, étaient tous rentrés depuis longtemps.

Qui donc sonnait? Cette visite nocturne ne pouvait être que pour Gérard.

Et Gérard fut pris d’une telle émotion qu'il fut obligé de s’asseoir sur un banc adossé à la maisonnette. La porte s’ouvrit et se referma, un pas léger fit crier le sable du jardin, une femme apparut, au clair de lune, marchant d’un pas rapide.

C’était la fée rêvée par Gérard, — c’était Juliette qui vint à lui, passa ses bras autour de son cou et lui dit d’une voix émue :

— J’ai peur de moi... J’ai peur de Paris...

Partons !

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