‹ Les nuits espagnolesChapitre 9 sur 41 · A MADEMOISELLE FLAMINIA T · texte numérisé non relu

A MADEMOISELLE FLAMINIA T

Il dort dans son île lointaine, Cet Empereur toujours vivant; n dort au bruit de sa fontaine.

Aux plaintes des flots et du vent ; Voilant le marbre de sa tombe.

Un saule se lève et retombe Sur Napoléon endormi ; Et dans ces plages ignorées Répand ses feuilles éplorées, Gomme les larmes d'un ami.

Sous l'arbre à la tige flottante Où l'oiseau funèbre s'abat, n dort, comme sous une tente La veille d'un jour de combat; Lorsqu'un aigle fond de son aire, Lorsque le fracas du tonnerre Roule de la moiitagne au port.

On croit que, la flamme à la bouche, n va s'élancer de sa couche Pour livrer bataille à la mort.

Le soir, du haut de la colline.

Sur le funèbre monument.

On voit le saule qui s'incline Pour l'embrasser comme un amant; On entend la plainte touchante Que l'arbre funèbre lui chante Pour consoler ses longs ennuis; C'est une élégie inconnue Qui tombe sur la pierre nue.

Avec le murmure des nuits.

Pour lui raconter sous la terre Sa vieille gloire de quinze ans.

Il n'a qu'un arbre solitaile.

Le dernier de ses courtisans.

De tant de guirlande's de fête Qu'un monde jeta sur sa tête Que lui reste-t-il aujourd'hui?

Un saule sur la roche dure.

C'est l'arc triomphal de verdure Que le temps a laissé pour lui !

Visitant sa triste demeure.

Nos marins, le front découvert, Du saule échevelé qui pleure Se partagent un rameau vert; Et plus conûant aux étoiles, A la brise ils ouvrent les voiles.

Sûrs de revoir leurs beaux climats.

Car on dit que ce saint feuillage

Page 1