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malheureux qu'il nourrit en les occupant , et s'applaudit de pouvoir changer pour eux les pierres en pain. Il sent qu'ayant plus reçu du ciel , le public attend davantage dé luiy et que s'il est plus grand que les autres, il doit être aussi plus vertueux. Sçs richesses coulent dans le sein du malheureux par des canaux souterrains. Il cache au pauvre la main qui le nourrit. Invisible, elle ouvre les prisonç, brise les fers de Finno* cence, essuie les pleurs de l'infortuné; et ceux qu'elle oblige n'ont point à rougir devant un bienfaiteur qui se laisse ignorer. Il sait qu'on ne possède les grandeurs qu'à ses périls et risques; qu'elles dégradent l'homme, dès qu'elles ne l'élèvent pas ; qu'en dépit de toutes les distinctions inventées par la vanité, le ciel égale le bonheur de toutes les conditions; que c'est en vain que les riches méchaiis.ou inutiles se logent comme des dieux dans des temples superbes; qu'ils n'y seront point adorés, s'ils ne s'y montrent bienfaisans ; et qu'ils n'y parais-
sent que des Dieux ridicules ou matfaisans,
comme les singes ou. les crocodiles de là su-
pers^tieuse Egypte. Lés hommes né sont hèuneux qu'à proportion de leur penchant à faire du bien ; et la nature équitable récompense le