TRADUITE DE L'ANGLAIS DE GRAY
J'entends le son de la cloche lugubre qui annonce la fin du jour. Les troupeaux mugissans marchent vers leur é table; le laboureur fatigué regagne péniblement sa chaumière; il abandonne notre hémisphère aux ténèbres et à la tristesse de mes réflexions.
Déjà la vue du paysage disparaît et s'évanouit dans la faible lueur du crépuscule; un calme solennel règne autour de moi, et n'est interrompu que par le bourdonnement de quelques insectes qui volent pesamment dans le vague àe& airs.
Mais quels gémissemeijs viennent frapper mon oreille! C'est le triste hibou, qui, du haut d'une tour en ruines et couverte de lierre , fait éclater sa plainte. J'ai troublé son antique solitude, j'ai profané ses sombres bosquets.
Sous des ormeaux touffus, à l'ombre des \
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cyprès, j'entrevois les tombes où 'reposent les rustiques ancêtres des habitons du hameau; ils sont enfermés pour jamais dans leur étroite demeure !
Le frais appel du matin , les cris joyeux de l'hirondelle, la voix perçante du coq et le gazouillement des oiseaux à l'approche du printemps, ne les réveilleront plus!
La flamme du foyer ne brillera plus pour eux ; ils ne verront plus leur bonne ménagère occupée à préparer le repas du soir ; i leurs jeunes enfans n'accourront plus vers eux au .,' retour des champs; ils ne grimperont plus sur ' leurs genoux pour se disputer un baiser qu'ils envient à leur mère.
Combien de fois on a vu les moissons jaunissantes tomber sous leurs faucilles, et la terre ingrate céder à leurs travaux ! Avec quelle gai té ils conduisaient leur attelage aux champs ! Combien de chênes superbes sont tombés sous les coups vigoureux de leur cognée !
Que l'ambitieux se garde de mépriser leurs travaux utiles, la simplicité de leurs plaisirs et l'obscurité de leur destinée. Que la grandeur n'écoute pas avec un sourire dédaigneux l'histoire succincte et naïve du pauvre.