CONCLUSIONS
I. — Conformément à l’opinion de MM. Gilbert et Herscher, il existe, à côté des nævi capillaires, des angiomes cutanés et muqueux que nous appellerons, avec ces auteurs, nævi artériels , nous basant pour justifier cette appellation sur leur structure histologique et sur leurs caractères cliniques. L’évolution de ces télangiectasies nous fait croire que la lésion porte primitivement sur les ystème artériel, c’est pourquoi nous considérons l’épithète « artériel » comme non seulement commode, mais encore histologiquement exacte.
IL — Les nævi artériels sont congénitaux ou acquis ; dans l’un et l’autre cas ils présentent les mêmes symptômes ; il n’y a donc pas lieu de les désigner par des noms différents. Ces deux ordres de productions évoluent de la même façon, tantôt vers la disparition complète ou momentanée, tantôt, et le plus souvent, vers l’accroissement.
III. — Les nævi artériels ne sont ordinairement le siège d’aucun trouble fonctionnel.
IV. — Leurs complications sont rares. Cependant on peut les voir donner naissance à des anévrysmes cirsoïdes ; ils peuvent ulcérer les téguments et alors
donner lieu à des hémorragies graves par leur abondance et leurs répétitions. Exceptionnellement ils nécessiteront une intervention chirurgicale, qui, alors, devra être l’extirpation pure et simple.
Y. — Les nævi artériels sont très fréquents au cours des cirrhoses et semblent être en relations intimes avec ces affections, se montrent lorsqu'elles prennent de 1 extension, s’effaçant ou disparaissant lorsqu’elles s’atténuent ou guérissent. En dehors des cirrhoses, chez tous les sujets porteurs de nævi artériels, il est possible de déceler suivant les procédés mis récemment en lumière par M. Gilbert et ses élèves, une tare de la glande hépatique ou de l’appareil biliaire, suffisants pour expliquer la présence de ces productions morbides.
Nous répéterons ici les conclusions du travail de MM. Gilbert et Herscher : « Les nævi artériels sont nettement en rapport avec des affections du foie ou des voies biliaires, avec les cirrhoses alcooliques en particulier, mais nous avons pu les constater aussi dans les cirrhoses tuberculeuses, dans les cirrhoses biliaires et même dans la cholémie simple familiale (deux cas). L origine de ces nævi paraît, de prime abord, beaucoup plus obscure , mais pour qui sait dépister les maladies du foie et des voies biliaires, par une enquête approfondie sur les antécédents personnels et familiaux des malades, par 1 étude de l’état fonctionnel du foie, par l’exploration de l’état anatomique de cet organe, de la rate, par la recherche enfin de la bile dans le sérum sanguin, les connexions de ces productions avec un état pathologique du foie ou des voies biliaires ne sont pas douteuses.
Par quel mécanisme, d’ailleurs, les capillaires el les artères se modifient-ils pour donner naissance à des tumeurs angiomateuses, c’est un point à éclaircir. Toute- | fois, certains faits nous porteraient volontiers à incriminer plutôt la cholémie qu’un trouble fonctionnel du foie. »
- VI. — Les nævi artériels ont une grande valeur diagnostique et pronostique. Leur présence doit toujours, chez un individu sain en apparence, attirer l’attention du côté de son foie ; leur apparition ou leur accroissement au cours dhine maladie de foie confirmée fait présager une aggravation de la maladie.
Vu :
Le Doyen, DEBOVE.
Vu :
Le Président de la Thèse, GILBERT.
Vu et permis d'imprimer :
Le Vice-Recteur de V Académie de Parié,