‹ Les Oblats de Marie Immaculée durant le premier siècle de leur existence (volume 2)Chapitre 3 sur 81 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

Longueuil

Le P. Léonard.

Soldat devenu apôtre : tel était le P. Léonard.

Du soldat, il avait les audaces, l'aimable entrain et la résistance à la fatigue ; de 1 "apôtre, le zèle inlassable et l'industrieuse charité.

Taillé pour l'action, il étouffait dans d'étroites limites : les grands espaces l'attiraient invinciblement. Sa voix puissante remuait les foules, et retentissait éclatante dans les plus vastes enceintes.

Depuis treize ans, il habitait le Canada, quand les Oblats y arrivèrent ; mais il était Français, originaire du diocèse de Langres.

Incorporé, dès l'âge de dix-neuf ans, dans un régiment de lanciers, au moment où Napoléon I^r retournait de l'île d'Elbe, il ne reçut pas, cependant, le baptême du feu, les bataillons, auxquels il appartenait, n'ayant pas été appelés à franchir la frontière, durant les Cent-Jours. La chute de l'empereur le libéra ; mais, très attaché à son chef d'escadron, il le suivit à Monistrol, en Velay, dans le département de la Haute- Loire. C'est là que Dieu l'attendait, après l'avoir arraché à la vie des camps si dangereuse pour la \'ertu. Une mission à laquelle il assista, détermina sa conversion complète et sa résolution inébranlable de renoncer au monde.

Aussitôt, il se mit à l'étude du latin, et. par de persévérants efforts, progressa suffisamment pour être jugé a})te à l'enseignement dans un séminaire. Sentant, néanmoins, le besoin d'une vie plus active, il s'adjoignit, en 1826 et 1827, à plusieurs prêtres qui évangélisaient les paroisses du centre de la P'rance. Cette petite société, ainsi que d'auties semblables, fut dissoute, à cause des persécutions suscitées aux Missionnaires, pendant les dernières années de la Restauration.

Ne connaissant pas encore la Congrégation des Oblats, à laquelle la Providence le destinait à son insu, il s'embarqua, en 1828, pour le Canada, afin de s'agréger à la Compagnie de Saint-Sulpiee, qui desservait quelques postes sauvages. Il brûlait d'y être envoyé.

Page 1