‹ Les Oblats de Marie Immaculée durant le premier siècle de leur existence (volume 2)Chapitre 5 sur 81 · LONGUEUIL · texte numérisé non relu

LONGUEUIL

P. Léonard, et l'évêquc, loin de s'y opposer, les secondait manifestement, quoique son clergé ne fût pas aussi nombreux qu'il l'eût souhaité. Mais il comptait, non sans raison, que Dieu le dédommagerait au centuple.

Après le Chapitre général de 1843 arriva un renfort d'ouvriers, parmi lesquels, comme maître de novices, le P. Allard, homme d'une exemplaire régularité, plusieurs années professeur de philosophie, puis d'Écriture Sainte, au grand séminaire de Marseille, et destiné par la Providence à fonder le vicariat apostolique de Natal, dans l'Afrique australe.

Ses compagnons de voyage, les Pères Laverlochère et Brunet, futurs Missionnaires des sauvages de la baie d'Hudson, étaient animés aussi du meilleur esprit.

— Ils excitent mon admiration et ma tendresse, écrivait d'eux Mgr de Mazenod. Impossible d'avoir des sentiments plus généreux, un dévouement plus ardent, des j^ensées plus surnaturelles. Ils font le sacrifice de leurs affections les plus légitimes, avec une véritable joie puisée dans la fidélité à leurs devoirs et l'amour de leur sainte vocation. Persuadés qu'ils ne reverront plus leur patrie, ils se reprocheraient de la regretter.

■ — Dieu nous ordonne de marcher, disaient ces vaillants apôtres : nous n'avons pas à regarder en arrière.

Exprimant son bonheur de voir ainsi le chiffre des Oblats augmenter dans son diocèse, Mgr Bourget écrivait, de son côté, le 19 octobre 1843 :

— Je ne saurais trop vous témoigner ma reconnaissance pour votre charité. Comment ne serais-je pas surpris, quand vous me remerciez tant, vous-même, des attentions que j'ai pour vos enfaiits ? Mais c'est à moi de vous remercier, les inains jointes, pour tous les sacrifices que vous vous imposez si généreusement, afin d'alléger l'énorme fardeau que je porte.

Au sujet du P. Allard, et, après l'avoir vu à l'œuvre, l'évêque de Montréal écrivait, le 15 décembre 1843 :

— Quel précieux cadeau vous nous avez fait, dans l'excellent P. Allard ! C'est un saint, et je crois qu'il va tous nous sanctifier, comme lui. Je bénis le Seigneur de vous avoir inspiré la pensée de nous le céder.

Dans la même lettre, le prélat nous révèle qu'il avait complètement adoi)té un usage cher au cœur du vénéré Fondateur :

\/— Vos Pères donnent, en ce moment, une grande mission à la paroisse de Saint-Jacques de l'Achigan. Je partirai, demain, pour aller la clore par la visite épiscopale. Depuis que vos Oblats sont ici, je suis ordinairement cette méthode, et je m'en trouve extrêmement bien. Aussi continuerai- je de la sorte, tant que je pourrai.

Citons, pour terminer, un extrait de la lettre écrite par Mgr Bourget à Mgr de Mazcnod, un an plus tard, le 10 octobre 1844 :

— La bonté avec laquelle vous accueillez toutes mes demandes ; les parfaits religieux que vous m'envoyez ; la délicatesse que vous mettez dans tous vos procédés, mériteraient assurément plus que de simples réponses de remerciements et d'actions de grâces. Mais vous êtes accoutumé à n'agir que pour Dieu, et à n'attendre rien de la créature pour prix de vos services. Dans ces conditions, je vois que je contribue largement à l'accroissement de vos vertus.

Par les bouches les plus autorisées, la renommée déjà proclamait au loin, par delà l'Atlantique, les succès apostoliques des Oblats en Amérique. Nous avons raconté, dans le volume précédent, comment l'évêque dHalifax, de passage en Irlande, en parla avec enthousiasme à l'archevêque de Dublin et au nombreux clergé qui l'entourait.

Le P. Laverlochère.

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