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après plusieurs années de luttes, ayant à comprimer aussi les Basutos, ils reconnurent, en 1852 et 1854, l'indépendance des deux républiquessœurs, fondées par les Boers : celle de l'État libre d'Orange et celle du Transvaal jusqu'au Limpopo.
Entre les deux races, néanmoins, la trêve n'était que momentanée. Leur rivalité eut, jusqu'à la fin du xix^ siècle, des réveils douloureux.
SITUATION POLITIQUE ET RELIGIEUSE A l'aRRIVÉE DES OBLATS 449
§ 2 Le sol et ses produits.
Très variée est la vaste région que se disputaient Anglais et Boers.
Le Natal, c'est-à-dire la partie qui va de la Key à la Tugela, du sud au nord, et de la mer au Drakensberg (monts des Dragons), de l'est à l'ouest, est magnifique et pittoresque.
Du littoral jusqu'à cette chaîne de montagnes, qui a des pics de deux à trois mille mètres et davantage, le sol s'élève par une série de terrasses irrégulières, semblables aux marches usées d'un escalier gigantesque.
Peu sensible près de la côte, le passage de l'un à l'autre de ces gradins devient de plus en plus brusque, à niesure que l'on s'avance vers l'intérieur. Leurs bords, entamés et ravinés par les eaux courantes, présentent des gorges profondes. En certains endroits même, on ne rencontre plus qu'un assemblage confus de contreforts et de chaînons, donnant à la contrée un aspect sauvage. Ruisseaux et rivières s'y précipitent dans des lits creusés entre des parois de rochers, y formant une multitude de chutes et de cascades, tour à tour imposantes et gracieuses.
Cette différence d'altitude occasionne une grande variété de climats. C'est, d.'abord, dans la zone maritime, sur une largeur de vingt-cinq à trente kilomètres, le climat tropical, avec sa végétation luxuriante : cocotiers, cannes à sucre, bananiers, thé, café, tabac, gingembre, poivre, indigo, etc. ; puis, le climat tempéré des terrains superposés, où poussent abondamment tous les produits de l'Europe : froment, orge, mais, légumes, fruits. Au-dessus, s'étendent de superbes prairies, très aptes à l'élevage des chevaux et des bêtes à corne. Enfin, sur le flanc des montagnes, des forêts ombreuses aux arbres superbes s'élançant en ligne droite jusqu'à cinquante et soixante mètres. Là, le climat est plutôt froid, et les sommets de la chaîne du Drakensberg sont couronnés de neige, vme partie de l'année.
Non moins variée est la faune. Lions et éléphants ont disparu ; mais on trouve encore panthères, sangliers, élans, antilopes, hippopotames, crocodiles, singes innombrables, serpents de toutes tailles et oiseaux de toutes couleurs.
§ 3 Traces primitives.
Avant l'arrivée des Anglais et des Boers, le Natal n'était habité que par les Cafres et les Zoulous.
Grands, bien proportionnés et noirs, les Cafres, ou Bantous, très nombreux dans le sud, se divisaient en plus de quatre-vingt-dix tribus,
toujours en guerre les unes contre les autres, divisions intestines auxquelles les Anglais réussirent à mettre fin.
Plus féroces, les Zoulous défendirent longtemps leur liberté, et infligèrent aux envahisseurs de sanglantes délaitcs. Leurs terres ne furent annexées à la colonie de Natal qu'en 1897.
Jusqu'au milieu du xix^ siècle, aucune de ces peuplades n'avait été encore évangélisée par les Missionnaires catholiques. Les Anglais traînèrent à leur suite des ministres protestants de diverses sectes, qui ne convertirent pas un seul individu. Quant aux Boers, calvinistes sectaires, ils conservaient une haine invétérée contre l'Église romaine.
Ces contrées, où le bien serait si difficile à accomplir, dépendaient, au spirituel, du district oriental du Cap de Bonne-Espérance. La Propagande jugea bon de les en détacher, et d'en faire un vicariat apostolique distinct, qu'elle offrit aux Oblats.