‹ Les Oblats de Marie Immaculée durant le premier siècle de leur existence (volume 3)Chapitre 12 sur 65 · MONTRÉAL. - ÉGLISE SAINT-PIERRK · texte numérisé non relu

MONTRÉAL. - ÉGLISE SAINT-PIERRK

- C'est beau ! c'est consolant ! .Nous reviendrons encore ! Nous reviendrons !

Aussi édifiant était le pèlerinage des hommes, accompli dans les mêmes conditions et d'après le même programme.

L'attachement de la population pour les Oblats devenait de plus en plus profond et s'exprimait en maintes circonstances. Dans une de ses lettres, le P. Lefebvre, supérieur de la maison de Montréal, en 1880, relate une de ces manifestations :

Comme par le passé, la veille du 1er de l'an, au soir, voit toujours, de plus en plus nombreuse, la réunion des principaux citoyens du quartier, venant offrir à ceux qu'ils appellent leun l}ires, leurs vœux et leurs présents. La joie la plus vive anime les heures de cette soirée. Le lendemain, notre parloir devient le rendez-vous de l'élite de la société montréalaise, ainsi que de nos amis du faubourg. D'une heure à six heures du soir, juges, avocats, médecins, membres de la législature, riches négociants se rencontrent avec les ouvriers, tous assemblés < la 1 is l'intention de témoigner leur affection aux Oblats.

Il en fut ainsi les années suivantes, ("/était, là, une tradition locale que les fidèles se gardaient bien de laisser tomber en désuétude.

De leur côté, du 2 au 5 janvier, huit Pères, se partageant la ville par quartiers, rendaient les visites reçues.

§ 2 Dans le diocèse et au delà.

Malgré leur travail si considérable dans la populeuse cité, les ( blats prêchaient, presque sans interruption, non seulement sur tous les points du diocèse de Montréal, mais aussi dans beaucoup d'autres diocèses. même des Etats-Unis, de très nombreuses missions et retraites couronnées des plus consolants succès.

Il en résultait des demandes si multipliées, que, malgré le désir de satisfaire à toutes les exigences, le supérieur était souvent obligé de décliner des invitations qu'il aurait eu toutes sortes de raisons d'accepter. Chaque jour, il lui en arrivait même de fort loin : du Nouveau-Brunswick, de la Nouvelle-Ecosse, de l'île du Prince-Edouard, des diocèses de Boston. Chicago. Albany, Springfield, Providence, Burlington Détroit, Grand-Rapide, etc.

Les Oblats de Montréal furent aussi, en diverses régions, les apôtres infatigables de la Tempérance.

Investis officiellement de ce mandat, d'abord par Mgr Bourget. ils parcoururent, dans ce but. le diocèse en tous sens. Ils s'arrêtaient

trois ou quatre jours dans chaque paroisse, pour une série d'instructions sur ce sujet, si pratique dans les pays froids, où l'ivrognerie produit. dans les masses populaires des eiïets si désastreux.

Ces exercices si salutaires eurent un prodigieux succès. On les appelait la Retraite de la iainte Tempérance. Des milliers d'hommes s'engagèrent solennellement à renoncer aux boissons enivrantes.

A la demande de l'évêque de Saint-Hyacinthe, les Pères prêchèrent également cette croisade dans son diocèse, où elle dura près de cinq ans, chaque paroisse étant successivement évangélisée. Partout, leur parole entraînante produisit des fruits abondants de conversion.

§ 3 "La maison des Oblah, résidence du Délégué apostolique.

Pendant toute l'année 1884, la maison des Oblats de Montréal eut l'honneur de donner l'hospitalité à Mgr Smeulders, de l'Ordre des Cisterciens, envoyé par Léon XIII au Canada, pour traiter des affaires ecclésiastiques du pays, et à ses deux secrétaires, les RR. PP. de Bie et Daidé. L'estime dont jouissait la Communauté dans l'opinion publique, lui valut d'être choisie, entre toutes les maisons religieuses, par le délégué apostolique pour domicile, durant tout son séjour au Canada, distinction qui fut très remarquée.

- C'est le 12 décembre J883, écrivait le P. Lefebvre, que le représentant du Vicaire de Jésus-Christ fit son entrée dans la ville. Notre P. Provincial et un vicaire général étaient allés à sa rencontre jusqu'à la station de Saint-Martin, située à une vingtaine de kilomètres. Il fut reçu avec la plus grande pompe, à l'église Notre-Dame, par Mgr Fabre, évêque de Montréal, par un nombreux clergé et un immense concours de fidèles. Personne, excepté l'évêque diocésain et nos Pères, ne savait où il fixerait sa résidence. Bien des questions furent posées à ce sujet. Enfin, la cérémonie de Notre-Dame terminée, Son Excellence dévoila le mystère en prenant, avec ses secrétaires et notre P. Grenier qui l'avait accompagné de Québec à Montréal, le chemin de notre Communauté. Nos nobles hôtes arrivés chez nous, exprimèrent, tout d'abord, le bonheur qu'ils éprouvaient d'être chez des jrires et chez eux, comme ils le répétèrent fréquemment dans la suite. Rien de plus cordial que les rapports que nous eûmes, pendant plus d'une année, avec ces trois religieux si distingués et si saints.

Plusieurs fois, Mgr Smeulders ollicia pontiiicalement dans l'église Saint-Pierre. 11 .visita volontiers chacune des Congrégations qui y sont établies, présida la fête de la Société de Tempérance, et fit le voyage

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