NOTRE-DAME DE LA POINTE-BLEUE
visionner de poissons blancs, qui, avec ]es lièvres, étaient la nourriture quotidienne de ceux qui ne pouvaient suivre les chasseurs dans la forêt, tels que les veuves, les vieillards et les infirmes. Pendant l'été, des myriades de tourtres, ou pigeons ramiers, s'abattaient sur les coteaux, couverts, alors, de graines sauvages.
Quand la civilisation eut pénétré, tout changea d'aspect. Les flammes et la hache du bûcheron détruisirent la forêt, et changèrent en terre fertile des régions précédemment incultes. Mais aussi la chasse et la pêche disparurent presque entièrement.
Obligés de s'adonner à l'agriculture pour vivre, les Montagnais reçurent du Gouvernement une réserve à la Pointe-Bleue. Très fidèles à l'assistance aux offices, ils restèrent soumis comme des enfants, faisant la consolation et la joie de leurs Missionnaires.
§ 2 Progrès de la colonisation.
Avant l'évangélisation de ces contrées par les Oblats, nul n'avait songé à s'y établir. Les difficultés pour s'y rendre étaient si nombreuses. que ces lieux reculés semblaient inaccessibles. N'était-ce pas, d'ailleurs,
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Pointe-Bleue. — Maison des Pères, bâtie, d'abord, pour juniorat. (Voir dans le t. II, p. 78, la carte du Saguenay et du lac Saint-Jean, montrant l'emplacement de la Pointe-Bleue.)
le repaire des sorciers et des jongleurs cruels, comme le rapportait la renommée ? Cette seule pensée terrifiait l'imagination de bien des gens. Comment n'être pas retenu par la redoutable perspective de se trouver
en contact avec d'alïreux sauvages, capables de scalper les malheureux imprudents qui s'aventureraient parmi eux ?
Fout paraissait mystère dans ces contrées lointaines : dimension des lacs, rochers escarpés, montagnes se perdant à l'horizon dans l'azur du ciel, sombres vallées avec leurs majestueux sapins, leurs cèdres odoriférants et leurs arbres si variés dans leur forme et la couleur de leur feuillage. Devant cet inconnu plein de surprises de tout genre, l'Ame était comme saisie d'angoisse.
Mais, à la suite des Missionnaires intrépides, quelques colons se risquèrent, encouragés par l'exemple des vaillants apôtres. Us furent émerveillés de la beauté des sites et de la fertilité du sol. Le mouvement était donné. D'autres colons arrivèrent... le pays était ouvert... de nouvelles agglomérations se préparaient.
Dans cette persuasion, les Oblats conçurent, en 1887, le projet d'y élever, à côté de la chapelle, une assez vaste maison, dans le but d'y installer le juniorat de la province du Canada.
Ce projet se réalisa ; mais, néanmoins, le juniorat fut définitivement fixé dans la ville d'Ottawa, comme plus centrale.