CHAPITRE III
Dans la vallée de la Qu'Appelle
§ 1 Saint-Tlorent.
La rivière Rouge reçoit, à Winnipeg, le plus important de ses affluents, l'Assiniboine, au cours excessivement tortueux, et d'une longueur de plusieurs centaines de kilomètres.
Celle-ci, à son tour, a pour principal tributaire, à l'ouest, la rivière qu'Appelle, ou qui Appelle. Ce cours d'eau serpente au fond d'une délicieuse vallée, et, en s'élargissant à plusieurs endroits, forme huit lacs très poissonneux.
Actuellement, le grand chemin de fer Canadian Pacific, qui unit les deux océans, traverse cette vallée. A cinq cent vingt-cinq kilomètres à l'ouest de Winnipeg, un peu avant Regina, se trouve la gare de Qu'Appelle.
De cette gare, pour atteindre notre établissement, il ne reste plus qu'à parcourir une vingtaine de kilomètres, en voiture, par de beaux chemins et sur un terrain accidenté. A mesure que le voyageur s'approche du terme, il est frappé, de plus en plus, d'admiration, à la vue du superbe panorama qui se déroule à ses yeux.
C'est la vallée de la Qu'Appelle, entourée de collines d'une centaine de mètres de hauteur, au fond de laquelle reposent huit lacs charmants, peu larges, mais longs de quelques kilomètres. Ils se relient ensemble par la rivière du même nom, qui, considérée des cimes environnantes, semble un filet d'argent, tendu comme une ligne de pêcheur cherchant des victimes, dans ces jolis lacs, riches viviers, où abonde un poisson excellent.
— Entre le lac des Bois et les montagnes Rocheuses, écrivait Mgr Taché, il n'y a rien de comparable aux beautés de cette vallée gracieuse.
Lui-même, le 12 octobre 1865, fête de la Maternité de la Sainte Vierge, il vint, en personne, sur un fertile plateau, entre deux lacs, jeter les
fondements d'une Mission, destinée, dans les desseins de la Providence, à devenir l'un des centres les plus importants de l'évangélisation des sauvages, comme aussi de leur éducation, par la grande école industrielle qui. dans la suite, y fut ajoutée.
Dans les immenses plaines qui s'étendent à l'ouest de Saint-Boniface, il n'y avait encore aucune église, ni chapelle, et les pauvres tribus nomades qui les habitaient, étaient toutes plongées dans les ténèbres du paganisme, ne connaissant que les rites superstitieux, cruels et ridicules dune abjecte idolâtrie.
- Pinguescent speçiosa deserti, s'écriait Mgr Taché, en se rappelant une parole de l'Ecriture-Sainte, persuadé, comme par un pressentiment surnaturel, que l'établissement dont il fixait l'emplacement, aurait, pour le salut de tant d'âmes jusqu'alors abandonnées, une influence décisive et des plus efficaces.
La nouvelle Mission fut placée, d'abord, sous le patronage de saint Florent, et il en fut ainsi pendant une vingtaine d'années.
Le premier Oblat qui en eut la charge, fut le P. Decorby, auquel on adjoignit, deux ans plus tard, le P. Lestanc ; puis, le P. Hugonard, qui devait laisser un souvenir impérissable, et dont une station de chemin de fer porte actuellement encore le nom, comme une autre, dans le voisinage, porte celui du P. Lebret, son confrère, que le Gouvernement fédéral du Canada nomma le premier « maître de poste » de cette localité.
Avant d'entreprendre la conversion des sauvages, il fallait s'occuper, d'abord, des Métis, qui, dans cette région, s'adonnaient à la chasse, principalement à celle, parfois si périlleuse, du bison, ou buffalo, ou bœuf des prairies.
L ne quarantaine de familles de ces Métis demeuraient, de préférence, dans le voisinage de la Mission ; mais près de quatre cents autres étaient disséminées à de grandes distances, dans un rayon de deux à trois cents kilomètres, ce qui nécessitait, pour les Pères, des voyages longs et pénibles, durant plus de la moitié de l'année.
I es intrépides chasseurs, en effet, obligés pour vivre de suivre les troupeaux de bisons, changeaient souvent de place. Il en résultait des campements volants, de cinquante à quatre-vingts familles chacun, ce qui faisait surgir, çà et là, comme des villages différents, mais éphémères.
Ln pareil genre de vie présentait une réelle difficulté pour l'évangélisation des Métis de Qu'Appelle, en même temps qu'un grand obstacle
à l'action civilisatrice de la religion. Néanmoins, ils s'attachèrent beaucoup à leurs Missionnaires. Ils écoutaient avec respect leurs avis, leurs conseils, même leurs remontrances, et ils surent apprécier leur dévouement pour eux.
Sur le nombre prodigieux des buffalos, à cette époque, écoutons ce que nous en dit un témoin oculaire :
— Je dus partir pour assister une petite fille qui se mourait, et qui réclamait ma présence, écrivait le P. Decorby. Son père m'avait envoyé sept chevaux avec recommandation de ne pas les ménager, et de bien organiser mes relais. Nous avons mis deux nuits et une journée pour nous rendre, et trois jours pour revenir. Eh bien, tout ce long trajet s'est accompli au milieu des animaux de la prairie : troupeaux innombrables, paissant tranquillement dans les gras pâturages des vallées !... Aussi loin que le regard pouvait atteindre, on n'apercevait que des masses noires, se mouvant sur le fond blanc du sol couvert de neige.
Vous croirez peut-être que les voyages doivent être bien dangereux, au milieu de semblables hôtes !... C'est ici qu'apparaît la bonté de Dieu, et aussi que se manifeste la royauté de l'homme ! Le bœuf des prairies qui, provoqué, est terrible, et fait voler en l'air son adversaire, comme une balle élastique, pour le broyer ensuite sous ses pieds et lui labourer les flancs de ses effroyables cornes, n'a pas même l'idée de se mesurer avec l'homme, si ce dernier ne lui cherche querelle.
Bien plus nombreux que les Métis, étaient les sauvages. -Un des postes que je dessers, appelé la montagne aux Cyprès, écrivait encore le P. Decorby, est devenu le rendez-vous de toutes les tribus indiennes, non seulement des territoires soumis à la domination anglaise, mais aussi des États-Unis.
L'hiver dernier, une tribu de l'autre bord du Missouri comptait, en ce lieu, près de quinze cents loges. Les Nez-Percés en comptaient trentesix. Ajoutez deux à trois cents loges de Sauteux, de Cris, d'Assiniboines, de Sioux, etc., et les débris d'une puissante tribu qui, après avoir tout massacré et pillé dans un coin de l'Orégon, a traversé deux mille cinq cents kilomètres, et est allée se heurter à une troupe de soldats américains.
Ces sauvages battus nous arrivèrent exténués, décimés, dans l'état le plus pitoyable, par une neige d'automne, sans chaussures, sans habits, sans provisions, et, la plupart, avec de récentes blessures mal cicatrisées.
L'espoir de trouver des vivres par la chasse au bulfalo, avait attiré tout ce monde, mélange inimaginable et plus que bizarre de diverses races et de diverses crovances.
Dans cette agglomération si étonnante, la foi du Missionnaire découvrait une intention de la Providence.
Était-ce sans motif que ces tribus de langues différentes, naguère encore animées d'une haine féroce les unes contre les autres, et se poursuivant, armées du scalpel, pour se détruire entièrement, s'unissaient, maintenant, pour s'entr'aider dans le péril commun ? Dieu, qui veut le salut des âmes, avait permis que, pressés par le besoin, ces hommes, encore dans les ténèbres du paganisme, fussent assemblés de tant de régions diverses et lointaines, pour être plus à portée du zèle des Missionnaires.
Ainsi Qu'Appelle devenait un centre très important d'évangélisation chrétienne et de civilisation. Mais il fallait y faire usage de sept langues différentes : le français, l'anglais, le sauteux, le sioux, l'assiniboine, le cris et même le hongrois.
- Ceux (fui exercent le saint ministère au milieu de populations homogènes, définitivement établies par groupes nombreux, écrivait, à ce propos, Mgr Taché, ne peuvent guère se faire une idée de ce qu'il faut travailler, dans nos régions, pour acquérir la connaissance des langues, courir en tous sens à d'immenses distances, et traiter avec des nations nullement en harmonie de mœurs, d'habitudes et de pensées. Pour juger du zèle et du mérite de nos Pères, il faut donc faire attention h toutes ces difficultés, plus encore qu'aux succès obtenus.
§ '± Le Sacré-Cœur,
Pendant plus de vingt ans, la Mission de Qu'Appelle avait été sous le patronage de saint Florent. Un mouvement de piété des Oblats la leur fit dédier au Sacré-Cœur.
- Après avoir changé de vocable, écrivait Mgr Taché, en 1887, cette Mission a refait sa toilette matérielle. Toutes les vieilles constructions ont été remplacées par de nouvelles : église restaurée avec une dépense de quinze mille francs ; maison neuve, qui a nécessité un débours semblable ; dépendances renouvelées moyennant dix mille francs. En somme, dépense d'une quarantaine de mille francs, dont une partie dut être empruntée.
Ainsi rajeunie, l'église avait des dimensions convenables. On y remarquait une très belle statue du Sacré-Cœur, placée dans le sanctuaire, et deux tableaux fort jolis, représentant la Sainte Vierge et saint Joseph. Sauvages et Métis aimaient à y prier. Le concours du personnel
de la grande école industrielle, fondée par les Oblats dans le voisinage, et dont nous aurons à parler bientôt, permettait de donner aux cérémonies religieuses un éclat et une pompe qui ne se rencontrent paf dans bien des paroisses, même en des pays plus civilisés.
Qu'Appelle. — Église de la Mission.
- Nos catholiques aiment beaucoup à venir à nos offices, écrivait le P. Magnan, le 25 janvier 1889. Il y en a qui font assez régulièrement de vingt-cinq à trente kilomètres, même pendant les froids rigoureux de l'hiver, pour assister à la messe le dimanche. J'ai connu un sauvage, âgé de soixante-six ans, qui, tous les dimanches, faisait dix-sept kilomètres à pied. Dans bien des cas, pendant l'été, notre église est déjà trop petite, pour contenir tous ceux qui viennent, d'un peu partout, à nos offices.
§ 3 Courses apostoliques, à grandes distances.
Autour de l'église du Sacré-Cœur, dans un rayon de deux cents kilomètres, en toutes directions, au nord et au sud, à l'est et à l'ouest, vivait une population de quatre mille sauvages, disséminés en une trentaine de centres, très éloignés, les uns des autres, sur une superficie de cent vingt mille kilomètres carrés, presque le quart de la France.
Chacun de ces centres, point minuscule dans cet espace immense, n'avait que de cent cinquante à deux cents habitants, ou, quelquefois, mais rarement, trois cents.
Dans le voisinage plus immédiat de Qu'Appelle, quoique à des distances variant de cinquante à cent kilomètres, se trouvaient : Paskwa, Standing Buffalo, Pia-Pot, Blackwood, Indian Jlead, Broadview, Whitewood, etc., etc.
Cinq autres postes se rencontraient dans ce qu'on appelait la montagne de la L>me, en anglais File Hill, située au nord-est ; six autres encore, à une distance de cent trente kilomètres, au nord-ouest, dans ce qu'on appelait la montagne de Tondre, en anglais Touchwood Hill.
Plus loin, mais toujours dans la direction nord-ouest, Yellow Quill, Quill Lake, à cent quatre-vingt-quinze kilomètres ; et White Cap, à Moose Woods, à trois cent cinquante-six kilomètres.
Un peu moins éloigné, vers l'ouest, à cent quarante-cinq kilomètres, Moose Jaw, ou Mâchoire d'Orignal.
Mais bien plus loin, dans la direction sud-ouest, à deux cent trente kilomètres, la montagne des Bois, en anglais Woods Mountain e1 Willow Bunrh, bouquet de Saules. C'est une suite de collines boisées et ravinées par une foule de petits ruisseaux, qui s'y sont creusé des lits profonds. Là est la dernière étape, sur le sol canadien, pour les buffalos, menacés d'extermination par les infatigables et peu prévoyants chasseurs, trop acharnés contre ces animaux inolïensifs et précieux.
Plus loin encore, toujours vers le sud-ouest, Foremost Man, à Maple Creek, près de la montagne des Cyprès, Cypress Hills, qui ressemble beaucoup, pour la conformation topographique, à la montagne des Bois.
Notons, à cent trente kilomètres, à l'est de Qu'Appelle, un poste pour les Hongrois, Kaposvar ; puis, plus loin encore, la Mission Saint-Lazare, près du fort Ellice, au confluent de la rivière Qu'Appelle et de l'Assiniboine ; et, un peu au nord de celle-ci, Russell, sur la frontière <lu Manitoba ; le fort Pelly. au nord de l'Assiniboine, etc.
Enfin, au sud-est, à une distance de cent quinze kilomètres, dans le Moose Mountain, ou montagne de l'Orignal, Océan Man, Pheasant Piump, et White Bear.
D'un bon nombre de ces sauvages appartenant à quatre ou cinq tribus différentes, ei autrefois si farouches, les Pères, à force de zèle, de peines, de patience et de persévérance, firent de vrais chrétiens.
Ils leur bâtirent des chape'les, parfois fort jolies, toutes placées sous le patronage de la Sainte Vierge : Notre-Dame des Lumières, à Standing
Jiuffalo ; Notre -Dame de Bon-Secours, à Paskwa ; Notre Dame de Bon- Conseil, à Pia-Pot ; Notre-Dame des Anges, à la montagne de la Lime ; Notre-Dame d'Espérance, à la montagne de Tondre ; le Très Saint Cœur de Marie, au lac Croche, etc. Elles formaient ainsi une couronne autour de la Mission centrale de Qu'Appelle, dédiée au Sacré-Cœur de Jésus.
Dans beaucoup de ces postes aussi, les Oblats construisirent des écoles pour l'éducation de ces enfants de la nature agreste.
§ 4 L"Ecole industrielle indienne modèle.
Indépendamment de l'école fondée par les Pères pour la Mission du Sacré-Cœur de Qu'Appelle, et qui avait soixante-dix élèves ; et outre les nombreuses écoles établies par eux dans les postes que nous venons d'énumérer, ils en créèrent une de bien plus grande importance pour tout le district. Elle était réservée à un très prospère avenir, et devint le modèle, ou prototype, de toutes les autres institutions analogues, dans les immenses territoires du Nord-Ouest.
Dès 1883, Mgr Taché en négocia la fondation avec le Gouvernement fédéral d'Ottawa.
Sur un terrain acheté par le prélat, s'élevèrent des bâtisses, aux dimensions assez ^astes, pour un commencement. Sur sa recommandation motivée par les mérites de l'élu, le P. Hugonard fut agréé par Sir John Macdonald, alors surintendant des Affaires Indiennes et premier Ministre du Canada, qui le nomma, au mois de janvier 1884, directeur officiel de la nouvelle école, avec le titre de « principal ».
Les travaux de construction ne furent terminés qu'au mois de décembre 1884.
Au printemps de 1885, commença la première année scolaire, avec trente garçons comme élèves : autant que la bâtisse pouvait en contenir, à ce moment.
En 1886 seulement, purent y être admises quelques jeunes iilles sauvages, confiées aux Sœurs Grises. On logea l'élément féminin au grenier, jusqu'à ce que fut achevée, en 1887, la construction de la maison qu'on lui destinait spécialement.
A la fin de l'année 1886, l'école comptait déjà quatre-vingts jeunes sauvages des deux sexes. Le Samedi Saint, quatorze de ces adolescents païens avaient reçu le baptême. Ce premier résultat montrait déjà
quels fruits abondants de salut, pour les âmes déshéritées, cette école était appelée à produire.
L'impression favorable que faisaient les enfants de l'école sur les tribus auxquelles ils appartenaient par la naissance, contribuait beaucoup à disposer leurs parents et leurs proches aux influences surnaturelles et bienfaisantes de la grâce.
Cette institution fut une œuvre bénie de Dieu. On constata vite le bien réel opéré par elle, dans l'œuvre si dillicile de l'évangélisation et de la civilisation des sauvages. C'était même, pour ce but si désirable à atteindre, le moyen le plus sûr et le plus efficace.
Le programme de l'école répondait parfaitement à ce besoin.
Outre l'instruction que les enfants y recevaient, comme dans les autres écoles, on leur apprenait divers métiers : menuiserie, cordonnerie, agriculture, etc. de manière qu'ils pourraient vivre honorablement plus tard par leur propre travail, et devenir des citoyens utiles à la société. En même temps, on les formait à la pratique des vertus. C'était préparer des générations croyantes pour l'avenir.
Bons chrétiens, quand ils retourneraient dans leurs tribus, ils seraient des auxiliaires précieux pour le Missionnaire, car ils ne pourraient manquer d'exercer une grande influence sur les membres de leur famille et sur leurs amis.
Il en fut ainsi, en eifet.
Par leur piété et leur bon exemple, ces enfants, après être sortis de l'école, amenèrent bien des leurs à la vraie religion.
Souvent même, ils n'attendaient pas la fin de leur éducation pour accomplir cette bonne œuvre.
- L'été dernier, écrivait le P. Magnan, le 25 janvier 1889, le P. Campeau a eu la consolation d'instruire toute une famille, qui est aujourd'hui une excellente famille chrétienne. Celle qui, après Dieu, lui a ménagé cette consolation, est une humble enfant de l'école industrielle, qui, sachant son père malade, est allée le visiter, lui a parlé de la sublime beauté et des célestes espérances de notre sainte religion. Elle ne l'a quitté qu'après l'avoir déterminé à se convertir, lui, et les autres personnes de sa famille. Aujourd'hui, cette jeune indienne jouit de ce bonheur, et, revenue à l'école, elle édifie toutes ses compagnes.
Avec un dévouement inlassable et très éclairé, le P. Hugonard présidait à tout. Les sauvages l'appelaient « le grand prêtre et le grand homme du Gouvernement ». Il était comme l'âme de cette institution,
qui, chaque année, on pourrait même dire chaque semaine, acquérait de nouveaux développements.
En 1889, il y avait déjà cent quarante enfants, et ce nombre n'allait pas tarder à s'augmenter encore.
Les bâtisses s'agrandissaient en proportion.
Celle des jeunes filles avait coûté plus de treize mille piastres, ou soixante-cinq mille francs, somme considérable pour l'époque, et qui, de nos jours, monterait à plus de trois cent mille. Mais déjà, dans l'une et l'autre partie de l'établissmeent, les places manquaient.
Trois ans plus tard, le chiffre des enfants s'élevait à cent quatrevingt quatorze.
Un peu après, cette école devint la plus grande du Canada, et put en loger deux cent vingt-cinq.
De l'avis de chacun, elle était aussi la meilleure du genre.
Voici ce qu'en disait l'inspecteur du Gouvernement, dans son Rapport olliciel :
- L'intérieur de chacune de ses divisions, celle des garçons et celle des jeunes filles, est une merveille de propreté et d'ordre, à commencer par la salle de réception, les différentes salles d'étude, le réfectoire, les dortoirs, etc.
Pour qui connaît la malpropreté instinctive et presque incroyable des sauvages, un tel éloge a une valeur toute spéciale.
- Cette école, disait avec raison le P. Magnan, est la perle de nos Missions, et notre principale espérance pour la conversion des sauvages \mmm