‹ Les Oblats de Marie Immaculée durant le premier siècle de leur existence (volume 3)Chapitre 47 sur 65 · SUR LES RIVES DU PUGET SOUND · texte numérisé non relu

SUR LES RIVES DU PUGET SOUND

Qui osera condamner, comme intransigeants, ces sauvages, alors que, de nos jours encore, les représentants et les agents du Gouvernement des Etats-Unis sont si sévères contre les contrebandiers qui, sur terre ou sur mer, essayent d'éluder les prescriptions si formelles de la loi de prohibition ?

Durant les années suivantes, les progrès de la foi et l'amélioration des mœurs se développèrent d'une façon consolante.

— Presque tous les sauvages du Puget Sound ont été baptisés, écrivait le P. Chirouse, au mois de novembre 1872. Il est surprenant de voir avec quelle constance les tribus que nous continuons à visiter régulièrement, demeurent solides dans la foi, malgré le déluge de mauvais exemples qui les entourent. Les bons augmentent en nombre et les méchants diminuent... Dieu en soit béni et remercié!...

§ 3 L 'école.

Dès l'automne de 1859, les Pères de Tulalip avaient commencé à y établir une école. Elle prospéra et fut d'un immense avantage pour l'éducation chrétienne des nouvelles générations.

Afin de donner aux élèves une meilleure et plus complète formation, on les reçut comme pensionnaires et gratuitement, les parents ne pouvant ou ne voulant rien payer. Nourrir et habiller tous ces adolescents, constituait un gros souci et une lourde charge ; mais on n'hésita pas devant le grand bien à réaliser.

On les gardait même pendant les vacances, pour les préserver du contact des païens, toujours pernicieux à la jeunesse.

Ces élèves firent ainsi des progrès assez rapides, non seulement dans la lecture, l'écriture, le calcul et les travaux manuels, mais aussi dans la connaissance et la pratique des vertus chrétiennes.

Durant le temps des vacances, ils accompagnaient les Pères, dans la visite aux tribus dispersées en maints endroits, et ils édifiaient les sauvages par leurs paroles et leurs bons exemples.

A ce sujet, le P. Chirouse écrivait, le 27 août 1866 : - Je suis en voyage le long des capricieuses sinuosités du Puget Sound, avec trente-six de mes écoliers qui prennent leurs vacances. Nous avons deux canots en cèdre creusé, pour transporter nos lits, nos provisions et nos personnes. Nous campons, chaque soir, à la belle étoile, excepté lorsque nous rencontrons un village de blancs, ou de

Page 1