CHAPITRE IV
Québec. — Église Saint-Sauveur
1 81 il i- 1889
§ I Gigantesque incendie.
Depuis 1853, les Oblats travaillaient avec zèle à sanctifier la partie de Québec dont l'Archevêque de cette ville leur avait confié le soin.
Quand ils avaient pris possession de l'église Saint-Sauveur, destinée à une population de six mille âmes, qui augmenta ensuite très notablement, cet édifice, aux vastes proportions, était loin d'être achevé, n'ayant encore que les quatre murs et le toit. Ils le terminèrent, l'ornèrent avec goût de peintures, statues, candélabres, meublèrent la sacristie et la pourvurent amplement de vêtements saciés.
Sous leur vigoureuse impulsion, le quartier dont ils étaient chargés s'était rapidement modifié. Ils l'avaient doté abondamment des institutions de charité ayant pour but l'éducation et la moralisation des niasses : écoles pour douze cents enfants, patronages, cercles littéraires, Conférences de Saint-Vincent de Paul, confréries de la Sainte-Famille et des Enfants de Marie, société de Bon-Secours, archiconfiéiie du Sacré-Cœur, union Saint-Joseph, bibliothèque paroissiale, etc., etc.
Très édifiante surtout était la retraite qu'ils prirent l'habitude de prêcher spécialement pour les hommes, chaque année, vers la Noël.
En 1863 déjà, il y eut plus de treize cents hommes qui, venus pour adorer l'Enfant Jésus durant la messe de minuit, plus heuieux que les bergers accourus près de la Crèche, le reçurent dans leur cœur, et l'emportèrent dans leur maison.
Les années suivantes, il y eut jusqu'à trois mille hommes à ces pieux exercices.
- Rien de plus beau et de plus émouvant que le spectacle de cette foule compacte, se pressant, à cinq heures du matin et à sept heures du soir, autour de la chaire de vérité, pour entendre, avec une religieuse attention, les paroles de vie, écrivait le P. Durocher, le 1 I novembre 1864. Il y a. là. de quoi remuer les cœurs les moins sensibles. Nous avons