‹ Les Oblats de Marie Immaculée durant le premier siècle de leur existence (volume 3)Chapitre 6 sur 65 · QUÉBEC. ■ ÉGLISE SAINT-SAUVEUR · texte numérisé non relu

QUÉBEC. ■ ÉGLISE SAINT-SAUVEUR

eu la consolation de voir un grand nombre de ces pauvres chrétiens. qui, depuis plusieurs années n'avaient pas eu le bonheur de s'approcher du saint Tribunal, s'unir avec empressement à ceux qui s'acquittent de leurs devoirs d'une manière régulière. Ces retraites produisent une impression profonde sur la masse du peuple.

Satisfait d'un si merveilleux résultat. l'Archevêque prodiguait aux Oblats les marques de son approbation et de son entière confiance ; le clergé leur exprimait publiquement son estime, et les fidèles s'attachaient à eux par des liens d'affection et de gratitude que les années, en s'écoulant. foitifiaient et resserraient de plus en plus.

Après tieize ans de travail, d'abnégation et de sacrifices, les Oblats avaient tiansformé entièrement ce quartier, quand une terrible épreuve les visita.

A quatie heures du matin, le 14 octobre L866, éclatait un de ces incendies qui, parfois, causent de si épouvantables ravages au Canada,

Le soir du même jour, la moitié du quartier de Saint-Roch et tout celui de Saint-Sauveur étaient entièrement détiuits. Sur ce vaste terrain où la veille on comptait plus de deux mille maisons, l'œil n'apercevait plus, au-dessus des décombres, que des pans de nous noircis de l'église Saint-Sauveur : tout le reste avait dispaiu, et quinze mille personnes demeuraient sans abri.

Avec beaucoup de peine et en s'exposant à la mort, les Pères avaient, réussi à préserver des flammes les ornements d'autel et les vases sacrés ; mais leur presbytère, leui mobilier et leur belle bibliothèque avaient été dévorés par le feu.

Le lendemain, le 1*. Duroeher, âgé de soixante-six ans, errait à travers les ruines fumantes ; des larmes abondantes coulaient de ses yeux, et tous étaient émus de la tristesse empreinte sur sa vénérable figure. Il avait été le créateur de cette œuvre importante, que, depuis treize ans, il avait dirigée avec une sollicitude si paternelle. A lui et à ses dévoués collaborateurs^ ses frères en religion. Saint-Sauveur avait dû son développement... et tout cela était anéanti !...

Si les HH. PP. Oblats avaient besoin de consolation, lisait-on dans le Courrier du Canada, le 19 octobre 1866. nous pourrions leurdire que les sympathies unanimes leur sont acquises. Tous ceux qui sont en état d'apprécier la grandeur des sacrifices qu'ils ont faits dans l'intérêt particulier de Saint-Sauveur et dans l'intérêt général de Québec. sont piorondément peines de la catastrophe qui a détruit le fruit de leurs pénibles travaux. Toute la population exprime le même espoir : celui (pie la catastrophe du L4 octobre n'aura pas pour effet de les

éloigner de Québec, où ils ont opéré tant de bien, et où ils peuvent encore en faire tant. Ce sont eux qui ont créé Saint-Sauveur ; c'est à eux de le ressusciter de ses ruines .Nous ne dirons pas qu'eux seuls le peuvent ; mais, si l'on juge par ce qu'ils avaient accompli, on affirmera avec certitude que cette œuvre de résurrection ne saurait être confiée à des mains plus habiles et plus dévouées.

Avant l'incendie, Saint-Sauveur était une succursale de Saint-Roch. L'Archevêque désirait l'ériger canoniquement en paroisse, et en offrait la desserte aux Oblats. A cet effet, il leur cédait la propriété du sol et les ruines de l'église, plus quelques arpents de terrain pour y constituer le cimetière. Mais les Oblats devraient réparer l'église, les écoles et le presbytère à leurs frais...

Au printemps précédent, la population catholique de ce quartier s'élevait à neuf mille âmes, et probablement, avant deux ans, atteindrait encore et même dépasserait ce chiffre ; mais ces familles, en général peu aisées avant l'incendie, le seraient encore moins dorénavant. Quel concours en attendre ?

C'est parce que cette population était pauvre que les Oblats étaient venus s'établir au milieu d'elle, en J 853. Plus pauvre et plus nombreuse maintenant, elle sollicitait encore davantage le zèle des Missionnaires dont la vocation spéciale est de se consacrer au service et au salut des âmes les plus déshéritées.

§ 2 T^éédification et amélioration.

Sans se décourager à la vue de la tâche immense qui leur incombait, les Pères se mirent à l'œuvre.

Mais Dieu bénit leurs efforts.

En moins de deux ans, l'église reconstruite sur un plan plus grandiose recevait les fidèles ; les écoles s'ouvraient à treize cents enfants, et les Pères eux-mêmes s'installaient dans leur maison, mieux appropriée que l'ancienne aux besoins d'une communauté.

Successivement l'église fut embellie magnifiquement d'ornementations de peintures, de statues, de riches autels, d'une chaire, de stalles, de boiseries, d'une table de communion, d'un superbe chemin de croix en relief, colorié avec beaucoup de goût et dont chaque station compte de quinze à dix-huit personnages très expressifs. Ajoutez à cette énumération un orgue puissant et un carillon de quatre cloches.

En même temps, les œuvres de zèle reprenaient sur une plus vaste

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