EGLISE SAINT-SAUVEUR
Au mois d'octobre 1850, une obédience- l'envoyait au Canada, Il partit joyeux, en disant à sa patrie un adieu qu'il croyait éternel. Il ne la revit, en effet, que quarante-deux ans plus tard.
Placé d'abord à Montréal, il vint, en 1853, à Québec, comme collaborateur du 1*. Durocher, qu'il seconda puissamment dans ses couvres de zèle et d'organisation. Il y resta dix ans ; puis, après un court séjour à Plattsburg, fut nommé supéiieur de la maison d'Ottawa et aumônier des Sœurs Crises ; ensuite, maître des novices, à Lachine, en 1868. Deux ans plus tard, l'obéissance le ramenait à Québec, qu'il ne devait plus quitter jusqu'à sa mort, successivement supérieur de la communauté, curé de la paroisse et assistant du provincial.
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Le P. Grenier.
(Dans le t. II, p. 131, 132, vues de l'intérieur el de l'extérieur de l'église Saint-Sauveur.)
Pendant plus de trente ans, il pratiqua, à un degré rare, toutes les vertus du bon pasteur. Elles lui attirèrent l'estime et l'affection des fidèles et du clergé. On le considérait comme un véritable saint, et on lui attribua, de son vivant, plusieurs guérisons inexplicables, en dehors d'une intervention surnaturelle. Sans porter sur ces faits surprenants
un jugement qui est du ressort de l'Eglise, on ne peut pas n'être pas impressionné par les témoignages qui les relatent. Us sont un écho de la vénéiation dont on l'entourait.
Dévoré du zèle de la maison de Dieu, il voulut l'embellir le plus possible. C'est sous son administration et par sa courageuse initiative, que furent entreprises et heureusement terminées ces immenses et magnifiques peintures qui ornent la vaste église de Saint-Sauveur, dont il acheva aussi le clocher.
Ces peintures consistent en plus de trente très grands tableaux, les uns à fresque, les autres sur toile, couvrant les murs latéraux, le transept, Je sanctuaire et la voûte. Us représentent les principaux mystères de notre foi et diverses scènes de la vie de Notre-Seigneur.
Exécutées par des peintres de talent, elles édifient les fidèles et font l'admiration des connaisseurs. Chacune d'elles, prise isolément, est remarquable ; mais elles se complètent l'une l'autre, formant un tout d'une conception grandiose, noble, hardie, originale, réalisée avec succès par des artistes de valeur, qui, à la correction du dessin, ont su joindre la fraîcheur et la richesse du coloris.
Ainsi les murs de l'église sont comme une prédication salutaire et constante pour ceux qui en franchissent le seuil.