‹ Les Oblats de Marie Immaculée durant le premier siècle de leur existence (volume 3)Chapitre 7 sur 65 · QUÉBEC. ÉGLISE SAINT-SAU VEUR · texte numérisé non relu

QUÉBEC. ÉGLISE SAINT-SAU VEUR

échelle. Nous en donnerons, comme spécimen, la retraite prêchée aux hommes, à l'occasion du Jubilé de 1870.

Quand le P. Rover, déjà connu avantageusement, monta en chaire, plus de deux mille hommes se groupaient à ses pieds. Les jours suivants, l'auditoire s'accrut encore. Remuées, elles aussi, par ce qu'elles en apprenaient, les paroisses voisines qui n'avaient pas eu la faveur d'une retraite de ce genre, envoyaient à Saint-Sauveur des centaines d'hommes et de jeunes gens. Les vastes nefs de l'église et les spacieuses tribunes étaient littéralement combles : spectacle des plus impressionnants !

Deux instructions avaient lieu chaque jour : l'une, vers six heures du matin, après la messe ; l'autre, le soir, à sept heures. L'assistance était toujours aussi compacte. On voyait, alors, tous ces travailleurs, avant d'aller à leur ouvrage quotidien, ou, après l'avoir terminé, oublier leurs préoccupations et leurs fatigues. Debout pour la plupart, pendant, trois quarts d'heure, ils demeuraient suspendus aux lèvres du prédicateur, dont la voix vibrante et claire arrivait très distinctement jusqu'aux extrémités de l'immense enceinte et pénétrait les cœurs.

Tous les sujets delà morale chrétienne furent successivement abordés, et les vices présentés sous les couleurs les plus propres à en inspirer l'horreur. La justice fut traitée avec lucidité et avec une exposition détaillée des cas pratiques, répondant aux besoins des auditeurs : devoirs des chefs d'atelier et ceux de leurs subordonnés, etc.

De nombreuses restitutions prouvèrent le triomphe de la grâce et là-propos de ces instructions pratiques.

Dès les premieis jours, les confessionnaux furent assiégés. Tous les Pères de la communauté restaient au. Tribunal de la pénitence, le matin jusqu'à huit heures, et, le soir, depuis deux heures, jusqu'à très tard dans la nuit : travail écrasant, mais plein de célestes consolations.

Jamais retraite n'avait produit un bien aussi considérable : réparations d'injustices, réconciliations d'ennemis, apaisement des partis, etc., etc.

Quelques années plus tard, la paroisse devenant de plus en plus chrétienne, on bâtit une belle chapelle, annexe avec crypte. Elle fut placée sons le vocable de Xotre-Dame de Lourdes. Ce nouveau local permit de donner une plus grande extension aux œuvres.

On y réunissait, à des heures différentes, soit dans la chapelle supérieure, soit dans la crypte, la Congrégation des jeunes gens, celle des hommes mariés, le Tiers-Ordre de Saint-François. On y célébrait, les dimanches et fêtes, une messe spéciale pour les enfants des écoles.

qui, au nombre de seize cents en 1874. étaient dix-huit cents en 187!'. et trois mille, dix ans après.

La Confrérie de la Sainte-Famille pour les femmes mariées comptait plus de dix-neuf cents membres ; celle des Enfants de Marie pour les jeunes filles, quatorze cents : le Tiers-Ordre de Saint-François, onze cent soixante ; la Congrégation des hommes, près de sept cents ; celle des jeunes gens, plus de quatre cents.

Avec toutes ces oeuvres multiples e1 les soins ininterrompus qu'elles nécessitaient : retraites, exercices variés, assemblées de tout genre, la paroisse de Saint-Sauveur qui, en I888, comprenait plus de seize mille âmes, présentait l'aspect d'une mission continuelle. Outre les huit retraites annuelles pour les différentes catégories de cette importante population, les Pères prêchaient de dix à douze sermons par semaine.

Le nombre total des communions, en 1889, approcha de cent trente mille.

Non contents d'un labeur aussi considérable dans la paroisse, les Pères de Saint-Sauveur allaient prêcher de très nombreuses missions et retraites, non seulement dans tontes les parties du diocèse de Québec, mais aussi dans les diocèses environnants, et jusque dans les Etatsl nis.

Le P, Grenier.

Un de ceux qui, après le P. Durocher, méritèrent le plus de la paroisse Saint-Sauveur, fut le P. Grenier qui lui succéda.

Né à Uoscoff, dans le diocèse de Quimper, en Bretagne, il était fils d'un haut fonctionnaire de la marine française. Dans la riche et large demeure familiale, il trouva, en naissant, un oratoire privé où, chaque jour, un prêtre offrait le Saint Sacrifice. C'est dire qu'il grandit dans une atmosphère de piété, et qu'il reçut de ses parents, non seulement les biens de la terre, mais, avec la vieille foi bretonne, solide comme le granit des montagnes, l'apanage des vertus chrétiennes qui en découlent .

Le sérieux de son caractère, une énergie qui ne faiblissait pas, le vif désir de s'instruire, la distinction de ses manières et de son langage, et sa parfaite éducation firent de lui un jeune homme accompli.

Tandis que le monde lui souriait et lui promettait des succès brillants, il entendit la voix de Dieu l'appelant au sacerdoce et à l'apostolat. Sans la moindre hésitation, il renonça à tous les avantages de la terre, et alla frapper à la porte de notie noviciat de Nancy, le 9 mars 1848.

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