NOTRE-DAME D ARCACHON
— Quoi de plus agréable, écrivait un habitué d'Arcachou ; quoi de plus pittoresque et de plus salubre, que ces bords où vous respirez, à pleins poumons, l'odeur balsamique des pins et des mélèzes, mêlée aux vapeurs de l'algue marine ?
Les âmes rêveuses, méditatives et contemjDlatives y goûtent, en outre, de particulières émotions.
— Là, poursuit le même auteur, on s'endort et l'on se réveille aux poétiques murmures de la forêt et de la mer, qui ont parfois, entre elles, de ces mystérieux et impressionnants colloques, qu'on prendrait pour
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Arcachon. — Ville d'été.
le grand dialogue de la terre avec le ciel.... Et quel saisissement n'éprouvet-on pas, en face des horizons infinis de l'océan, qu'il soit calme comme un lac sans limite visible, ou agité jusque dans ses profondeurs par la tempête mugissante !...
On se tromperait, en effet, si l'on sujDposait que le luxe, les amusements et les plaisirs mondains attiraient surtout la foule, soit dans la ville d'été, soit dans la ville d'hiver.
Malgré les efforts de la spéculation qui chercha, de bonne heure, à flatter les passions humaines, pour s'enrichir par des gains illicites, la station balnéaire ou hivernale d'Arcachon paraissait devoir rester spécialement celle des personnes aimant les joies honnêtes et paisibles de la vie de famille. C'était la patrie, par excellence, des enfants qui se forti-
fiaient dans des conditions exceptionnellement salutaires, comme aussi des malades qui recou\Taient la santé, dans cette atmosphère purifiée de microbes par le voisinage de la mer et saturée des arômes de la forêt.
§ 3 "Les Oblah chargés de la paroisse et du pèlerinage.
En présence du prodigieux développement pris par Arcachon dans le milieu du xix^ siècle, et en prévision de celui bien plus étonnant que de tels débuts présageaient, le clergé de I^a Teste ne suffisait plus aux besoins du service religieux.
Puisqu'on accourait, de toutes parts, demander la santé du corps à la plage et à la forêt, ne fallait-il pas que l'âme y trouvât son alimentation surnaturelle, et le remède à ses maladies, bien plus redoutables que celles du corps ?
Préoccupé de cet état de choses, le cardinal Donnet, archevêque de Bordeaux, gémissait de l'abandon auquel était livrée la chapelle, durant la majeure partie de l'année.
Afin de le faire cesser, il érigea Arcachon en paroisse, le 15 avril 1854. Puis, il institua une Commission, dont le but serait d'étudier les moyens pratiques de construire une belle et vaste église, en rapport avec l'accroissement de la population.
Suivant le plan adopté, cette église, du style gothique du xiii^ siècle, à trois nefs, avec une flèche élancée de soixante- six mètres de hauteur, s'élèverait à côté de l'ancienne chapelle conservée, mais diminuée d'un tiers.
La première pierre en fut posée, le 6 juillet 1856. Néanmoins les travaux ne commencèrent qu'en 1858. Trois ans plus tard seulement, le gros œuvre étant terminé, on put y célébrer les divins offices ; mais les sculptures n'étaient pas même ébauchées, et l'ameublement faisait à peu près totalem ^nt défaut.
C? temple, aux proportions imposantes, réclamait un clergé nombreux et a y)';c à diriger les grandes foules. Le cardinal Donnet savait av^ec quel succc's les Oblats administraient plusieurs des sanctuaires les plus importants de France : entre autres celui de Notre-Dame de Talence, aux portes de Bordeaux ; celui de Notre-Dame de Sion, dans le diocèse de Nancy, dont il avait été le coadjuteur ; celui de Notre-Dame de la Garde, à Marseille, qu'il avait souvent visité. N'étaient-ils pas tout désignés pour la paroisse et le sanctuaire de Notre-Dame d'Arcachon ?