AUTUN. SACRÉ-CŒUR
cette splendide cérémonie ?... Et quel bonheur pour moi d'être venu répandre les bénédictions célestes sur vous que j'aime comme mes fils !... Il m'est également si doux de voir cette maison, si longtemps déserte, peuplée maintenant par une famille religieuse qui reproduira, dans cette enceinte, j'en suis sûr, les vertus pratiquées autrefois ici ])ar celles qui vous y ont précédés.
Membres d'une société d'apôtres qui envoie ses sujets jusqu'aux extrémités de la terre, vous êtes les enfants d'un de nos ])lus grands et saints évêques de France, dont la mémoire est partout en vénération...
On dit parfois que les murs ont des oreilles ; mais ceux-ci ont surtout une voix. Écoutez-la : elle vous donnera d'utiles enseignements.
Si, par la pensée, nous remontons jusqu'aux origines, nous entendons saint François de Sales, le modèle des évêques et des apôtres ; sainte Jeanne de Chantai, mère de tant d'âmes religieuses ; puis les longues et ferventes prières des Filles de la Visitation, austères et pures.
Leur souvenir vous répétera constamment que, pendant votre noviciat à la vie apostolique, vous de^Tez vivre d'une vie intérieure, d'une vie de renoncement et d'abnégation ; car, missionnaires, vous aurez à lutter contre les scandales et les passions du monde. C'est dans l'oraison, représentée par Marie aux ]>icds de Jésus, que vous puiserez la vigueur nécessaire à vos âmes.
Aux douceurs de la prière vous unirez les aspirations du zèle, dont le contact du Cœur de Jésus vous communiquera les ardeurs. Le zèle n'est-il pas la flamme brûlante de l'amour de Dieu ?...
Oui, je me réjouis que ce sol soit aujourd'hui foulé par les pieds de futurs apôtres. Marie Immaculée est leur Mère. Avec eux elle prend possession de cette demeure.
Oh ! combien la gloire à venir de cette maison me paraît grande !... Jusqu'ici, elle n'a brillé que dans la solitude, sous le regard des Anges. Dorénavant, et d'année en année, partiront d'ici des messagers de l'Évangile, qui, sous tous les climats, iront répandre la semence de la vérité...
Dieu, en vous envoyant ici, mes très chers fils, m'a constitué héritier de cette affection si forte et si tendre qu'avait pour vous votre premier Père. Comme la sienne, j'ose l'affirmer, mon affection pour vous est sans limite.
Du haut du ciel, où, je n'en doute pas, il a déjà reçu la récompense due à ses mérites, il m'approuve... Il sourit à ce nouvel établissement de sa famille, et, avec moi, il lève la main pour vous bénir du sein de l'éternité.
Sorties plus encore du cœur que des lèvres de l'auguste prélat, ces paroles émurent délicieusement ceux qui eurent la douce joie de les entendre.
Elles n'étaient pas, d'ailleurs, l'expression fugitive d'un sentiment passager inspiré par les circonstances.
Le P. Martinet.
A mesure que les années s'écoulèrent, Mgr de Marguerye aima de plus en plus cette communauté du scolasticat. On le voyait souvent arriver, à l'heure de la récréation, comme un visiteur dont la présence épanouissait tous les visages. Il jjrésidait toutes les fêtes solennelles, entre autres la magnifique procession du Sacré-Cœur dans les vastes cloîtres à l'aspect si monacal, puis sur les jolies terrasses avoisinantes, et ensuite dans les jardins aux larges allées, sous les vieux arbres touffus.
Dès l'année 1864, les supérieurs de nos maisons de France et d'Angleterre furent convoqués régulièrement, au scolasticat d'Autun,
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durant l'été, j^our des retraites générales. Ces réunions périodiques pleines d'avantages, de charmes et d'édification ; sources d'encouragements réciproques et principe de force, ravissaient Mgr de Marguerye. Il ne laissait pas repartir les Pères pour leurs diverses destinations, sans les avoir tous invités à sa table, avec la distinction du gentilhomme et la grâce attirante du plus affable des amis.
Il agit de même envers les membres du Cha2)itre général tenu à Autun, en 1867.
Joies et jjeines de la Congrégation lui devenaient personnelles, et il ne manquait pas d'honorer les Oblats, en toutes circonstances, devant son clergé.
Le scolasticat était pour lui comme un second séminaire auquel il donnait son affection, non moins qu'à celui de son propre diocèse.
Plus d'une centaine de jeunes Oblats reçurent de lui l'onction sacerdotale, et portèrent sur tous les points du monde le souvenir de ses bienfaits.