‹ Les Oblats de Marie Immaculée durant le premier siècle de leur existenceChapitre 35 sur 125 · NIMES · texte numérisé non relu

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n'allaient pas sans peine, et qu'il fallait du vrai courage, presque de l'héroisme, aux néophytes pour abjurer ainsi publiquement. Leurs anciens coreligionnaires n'épargnaient rien pour les dissuader de renoncer aux erreurs de leur secle : discussions, subtilités, artifices, promesses, menaces môme.

La plantation de la croix fut un triomphe. Quoiqu'elle eût lieu, un jour de travail, durant la semaine, on s'y rendit d'une quinzaine de kilomètres à la ronde. Les protestants avaient gravi une colline pour assister à cette scène imposante.

Les cris, Vive la croix ! Vive Jésus ! Vive la religion ! remplissaient la vallée et retentissaient dans les montagnes.

En rentrant à Nîmes, les Pères Guibert et Marcou, cédant aux vives instances des habitants de Saint-André, s'arrêtèrent une dizaine de jours parmi eux, pour leur prêcher un retour de mission. Dès le dimanche suivant, plus de six cents personnes, hommes et femmes, s'approchèrent de la Table sainte.

— Quand il fallut, dit encore le P. Guibert, quitter ce peuple pour la seconde fois, il était dans la désolation. On voulait nous retenir de force... on parlait d'écrire à l'évêque... d'envoyer une députation à Nîmes .. de s'adresser même à Rome, si c'était nécessaire... Que sais-je tout ce qu'on aurait fait pour nous avoir !

Saint-Martial fut évangélisé avec le même succès.

L'arrondissement du Vigan se transformait. Les habitants ressemblaient aux fidèles des premiers siècles de l'ère chrétienne. On était dans l'admiration d'un changement si rapide et si édifiant.

En transmettant au P. Tempier ces bonnes nouvelles, Mgr de Chalfoy, très satisfait du résultat, disait le i3 décembre i8iî5 :

— L'établissement de vos excellents religieux parmi nous est une grâce insigne de Dieu à mon diocèse et à moi.

§ 4 Les Missionnaires de Provence deviennent les Oblah de Saint-Charles.

Avec la maison de Nîmes et leurs travaux dans les Gévennes, les disciples du P. de Mazenod étaient sortis des limites de la Provence et rayonnaient déjà dans le Languedoc.

Ces premiers développements en présageaient de plus grands encore. D'autresévêques les réclamaient dans leurs diocèses. Ainsi apparaissaient plus clairement déjà les desseins du Ciel sur cette Société si humble à ses commencements, mais appelée à une si merveilleuse extension.

Attentif à ces indications de la Providence, le Fondateur comprit que le titre de Missionnaires de Provence ne convenait plus, car il ne répondait plus à la réalité.

Sa piété envers son patron, celui de sa famille depuis deux siècles, lui inspira la pensée de proposer à ses compagnons de prendre, désormais, le nom dOblats do Saint-Charles.

Ce choix fut ratifié par tous, et, au mois d'octobre iSaS, ce titre fut officiellement adopté.

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