‹ Les Oblats de Marie Immaculée durant le premier siècle de leur existenceChapitre 55 sur 125 · LIMOGES · texte numérisé non relu

LIMOGES

Un travail spécialement difficile fut la retraite aux mille détenus de la maison centrale. Ils y obtinrent les mêmes résultats consolants que dans les prisons de Gap, de Nimes et d'autres villes, où on les avait chargés de ce ministère si ai*du.

Le P. Goste y parlait aux hommes, et le P. Ghauliac aux femmes. Plusieurs autres Pères s'employaient à voir les détenus dans leurs ateliers, à leur apprendre des cantiques, à les confesser. Deux fois par

Limoges. — Maison des Oblats.

A droite et à gauche, les construetions qu'ils y ont ajoutées.

jour, la parole de Dieu retentissait dans cet asile de tant de misères morales, et provoquait dans ces âmes coupables, jusque-là si insensibles, les douces émotions du repentir.

Toutes les femmes et quatre cents hommes, sur sept cents, s'approchèrent de la Table sainte avec ferveur. Deux cents de ces criminels, ccmvertis, reçurent, en outre, le sacrement de la Gonfirmation.

Ge succès dépassait toutes les espérances.

Aussi, quand Mgr de Mazenod vint faire la visite canonique de la communauté, Mgr Buissas lui prodigua les témoignages de la plus respectueuse sympathie et de la plus profonde reconnaissance, l'entourant de toutes sortes d'égards. Le jour de la fête de l'Assomption, il le pria de célébrer pontificalement à la cathédrale, et de présider la procession

4oo l'extexsiox en fuaxce

solennelle, à travers la cité. Le soir, à son occasion, il olfrit un grand dîner officiel, et mit ainsi son hôte en relations avec toutes les autorités militaires, judiciaires et administratives de Limoges.

§ 3 Dans la Corrèze.

A cette réunion assistait l'évêque de Tulle, Mgr Berteaud, si renommé déjà par l'éloquence de sa jiarole, lu siireté de sa doctrine, et son caractère si i)ersonnel (i). Fasciné par la distinction, l'élévation des pensées et les qualités éminentes de Mgr de Mazenod, ill'entraîna, le iG août, clans sa ville épiscopale.

Le lendemain, ne pouvant l'accompagner lui-même, il le confia à son premier vicaire général pour une ai)[)arition de quelques heures à son petit séminaire de Brive, où Mgr de Mazenod ravit tous les cœurs.

Une semaine après, Mgr Berteaud vint à Brive, pour la distribution des pi'ix. Dans le discours que, suivant l'usage, on lui adressa, l'orateur disserta longuement sur Mgr de Mazenod. En terminant, il remercia l'évoque diocésain de l'honneur et du plaisir qu'il avait causés à tous les professeurs et directeurs, en leur procurant cette visite.

— Messieurs, répondit le prélat, vous venez de me rappeler le passage parmi vous de l'auguste évêque de Marseille. Je suis lier que vous ayez su l'apprécier. Cette fois encore, j'ai à m'applaudir d'avoir, dans mon petit séminaire, des coopérateurs qui représentent fidèlement ma pensée, et qui savent traduire mes sentiments. 11 vous eût été difficile, pourtant, Messieurs, aussi bien qu'à moi-même, d'exprimer assez l'admiration et la vénération que m'a inspirées l'Evêque-apôtre qui évangélise plusieurs nations par ses fils, formés par lui dans la doctrine, le zèle et la piété. Ah ! j'eusse bien voulu accompagner ce saint pontife qui m'a révélé l'idéal d'un évêque ;... qui a renchéri sur tout ce que je savais déjà du mérite et des nobles vertus de l'épiscopat français. J'eusse voulu l'accompagner, ici, comme Timothée accompagnait Paul dans ses courses apostoliques, pour produire lui-même à tous ce vase d'élection, dont une douce modestie retenait le parfum. J'eusse voulu lui montrer du doigt ces vallons, ces collines fleuries, et lui dire de répandre ses bénédictions là où le soleil répand déjà tant de lumière et tant de bienfaits. J'eusse voulu prendre sa main, pour vous bénir par elle...

(i) Cf. Chanoine Breton. Un évoque d'autrefois ; Mgr Berleaud, évêque de Tulle, in-8o, Paris, 1906.

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