‹ Les Oblats de Marie Immaculée durant le premier siècle de leur existenceChapitre 67 sur 125 · ROMANS · texte numérisé non relu

ROMANS

est satisfait de la nouvelle direction. Les éloges les plus flatteurs et les plus sincères ne cessent de nous venir de toutes parts et de nous prouver qu'elle est fécondée par les bénédictions de Dieu.

§ 3 "Le P. Cumin.

Outre les professeurs, l'évêque de Valence avait obtenu de Mgr de Mazenod plusieurs Pères pour ses missions diocésaines. Une maison fut achetée dans ce but. Elle touchait au Calvaire de Romans, dont l'église lui servait de chapelle, et son enclos était contigu au grand séminaire.

Persuadé que, dans les missions, la parole évangélique opère des prodiges, Mgr Gliatrousse avait souhaité procurer ce bienfait à ses ouailles. Annonçant la conclusion de cette importante a flaire, il disait dans une Circulaire à ses prêtres :

— Ces Missionnaires sont arrivés. Ils sont tels que notre sollicitude le désire. Déjà revêtus de notre confiance, ils auront bientôt la vôtre, quand vous aurez été témoins de leurs travaux et de leur zèle.

Pendant quelques mois, le P. Burfin fut à leur tête ; mais, la maladie l'ayant forcé à laisser ce poste, il fut remplacé par le P. Cumin.

Né à Châtenay, dans l'Isère, patrie de Combalot, le P. Cumin fut, comme celui-ci, remarquable par son talent de parole et l'ardeur de son apostolat.

De fortes études au petit séminaire de la Côte-Saint-André développèrent ses aptitudes naturelles. Helléniste distingué, il savait Homère de mémoire, et il n'avait pas vingt ans, quand il prit l'habitude de lire quotidiennement l'Ecriture-Sainte dans le texte grec.

Au grand séminaire de Grenoble, il eut pour professeur l'abbé Rousselot, connu par l'édition très appréciée qu'il donna de la Théologie morale de Sœttler, enrichie par lui de nombreuses annotations très savantes, et d'aperçus judicieux sur les prescriptions du droit civil français.

Le disciple se montra digne d'un tel maître.

Malgré son désir de vie religieuse, il dut remettre à plus tard son entrée au noviciat. Pendant une quinzaine d'années, on le vit, séduisant professeur de littérature, d'abord à la Côte-Saint-André, puis à Pont-de-Beauvoisin, ensuite au célèbre collège de Juilly, près Paris, où il enseigna la rhétorique. Plusieurs familles aristocratiques, entre autres celle du comte de Laroque, lui confièrent, à Auchet à Toulouse, l'éducation de leurs enfants.

468 l'extension en frange

(^iiand, au lendemain de son Oblation, à l'âg-e de quarante et un ans, il fît ses débuts de missionnaire dans la chaire de Notre-Dame de rOsier, il charma tous les assistants. On ne se lassait pas d'entendre cette parole émue, vibrante, à la forme originale, mais toujours élégante et châtiée. Ses qualités éminentes d'esprit et de cœur lui permettaient de produire de puissants effets d'éloquence. Que de fois il triompha ainsi des auditoires les plus insensibles ou les plus obstinés, et les jeta repentants au pied de la croix rédemptrice.

Avant d'être envoyé à Romans, il fut, pendant trois années, supérieur de la maison de Limoges. Son nom y est resté en vénération. Il évangélisa, avec succès, dans ce diocèse et les pays environnants, un gran 1 nombre de paroisses importantes, parmi lesquelles : Guéret, chef-lieu du département de la Creuse ; Rochechouart, chef-lieu d'arrondissement de la Haute- Vienne ; Aubusson ; Boussac, sous-préfecture de la Creuse ; Saint-Sulpice-les-Feuilles ; Nexon, etc.

Une mission à l'hôpital militaire de Limoges attira surtout les regards sur lui, et lui valut de chaudes amitiés. On admira l'ascendant irrésistible qu'il prit, dès les premiers jours, sur les soldats et les officiers. Ceux mômes qui avaient juré de ne jamais aller à confesse, furent vaincus, et, non contents de renoncer à leurs égarements, s'enrôlèrent dans les œuvres de charité : conférences de Saint- Vincent de Paul, adoration nocturne du Très Saint Sacrement, etc. Quelle consolation, le jour de la clôture, de contempler de vrais bataillons, officiers en tête, marchant à la sainte Table !

L'adoration nocturne était établie dans la chapelle des Oblats. L'élite des chrétiens de la ville s'y réunissait. Les officiers et les soldats convertis y vinrent fréquemment. Ils s'y groupaient autour du futur général de Sonis, alors capitaine, et que tous déjà regardaient comme un saint.

Depuis, le P. Cumin fut en relations suivies avec ce que Limoges comptait de plus distingué. Lorsqu'on l'avait connu et que l'on avait goûté les charmes de sa conversation, ou les attraits de son éloquence, on éprouvait le désir pressant de le revoir.

Il était donc en possession de l'estime universelle dans le diocèse de Limoges et les départements limitrophes, quand l'obéissance le plaça dans la Drôme.

Sur ce nouveau théâtre, ses facultés se déployèrent à l'aise.

Presque sans interruption il parcourut les villes et les campagnes de ce département, les communautés religieuses et les maisons d'éducation.

II y récolta les mêmes succès. Après l'avoir entendu, on voulait

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