‹ Les Oblats de Marie Immaculée durant le premier siècle de leur existenceChapitre 77 sur 125 · CHAPITRE XXX Angers · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXX Angers

§1 Le P. "Lœvenhruck-

Parmi les Missionnaires de France, qui, de concert avecles Oblats, prêchèrent la mémorable mission de Marseille, en 1820, se trouvait le P. Lœvenbruck, originaire de Metz. Il se lia d'amitié avec ceux qui n'étaient encore que les Apôtres de la Provence,^ et dont le zèle l'enthousiasmait.

A regret, il se sépara d'eux. Pendant une quarantaine d'années, il poursuivit ses prédications, dans le centre et l'ouest de la France, sans cesser de leur garder un alfectueux souvenir.

Parvenu au seuil de la vieillesse, il voulut, en i86o, assurer par eux la continuation de ses œuvres. Il leur ofTrit, pour la fondation d'une de leurs résidences, sa propriété, dite des Anges, sise à une vingtaine de kilomètres au nord de Segré, sous-préfecture du département de Maine-et-Loire, près de la frontière de celui de la Mayenne : ancien couvent de Gordeliers, avec un enclos de trois à quatre hectares de terres fertiles.

L'évéque d'Angers, Mgr Angebault, très heureux de posséder les Oblats dans son diocèse, les aurait vus, cependant, avec peine, éloignés d'une douzaine de lieues de sa ville épiscopale. Il proposa donc au P. Lœvenbruck de les recevoir plutôt dans sa maison d'Angers. Ce prêtre généreux, non seulement y consentit, mais accorda plus qu'on ne demandait, car il leur céda ses deux propriétés, au mois de juillet 1860, ne se réservant que l'usufruit d'un appartement. Ily resta, commensal des Oblats, jusqu'à sa mort.

Si cette maison présentait l'inconvénient d'être un j)eu trop à l'écart du centre de la cité, elle avait, en revanche, de précieux avantages : air pur, beau jardin, magnifique panorama.

l'eXTEXSTOX en FRANCE

Les Oblah dans VJlnjou.

Au mois d'octobre 18G0, la nouvelle communautr fut constituée. La Congrégation s'établissait ainsi dans une grande et belle ville de plus de quatre-vingt mille habitants. La foi y était vive comme dans tout le département formé de l'Anjou et d'une partie du Bocage vendéen.

Les Pères commencèrent à prêcher, dans une foule île paroisses, des retraites préparatoires à l'Adoration perpétuelle. Cette salutaire pratique, généralisée, équivalait presque à une mission ininterrompue.

Angers. — A gauche la maison Lœvenbruck. Les Oblats y ajoutèrent deux ailes dont l'une forme la chapelle qui se voit dans la gravure.

Le P. Audruger inaugura ce genre d'apostolat dans une paroisse de la ville : Sainte-Thérèse. Le succès fut brillant. Aussitôt les demandes se multiplièrent, et les Oblats furent constamment sur la brèche. En moins d'une année, ils prêchèrent soixante-dix de ces retraites : labeur écrasant, mais fructueux pour les âmes.

Tels furent, dans l'ouest de la France, les heureux débuts d'un

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ministère, qui devint, dans la suite, si étendu et si fécond. Il attira aux Oblats la confiance des fidèles et l'estime du clergé.

L'année d'ajjrès, ils introduisirent dans le diocèse les vraies missions, peu en usage jusqu'alors. Ils montrèrent à ces populations chrétiennes le spectacle de ces imposantes cérémonies, qui ne sauraient prendre place dans une retraite de cjuelques jouï^s. Ces peuples, si attachés à leurs croyances, en furent enthousiasmés. Les pécheurs, oublieux depuis longtemps de leurs devoirs religieux, retournèrent à Dieu sincèrement. Les notables donnaient l'exemple de l'assiduité aux réunions, et sollicitaient, à la clôture, Ihonneur de porter la croix qu'on allait planter.

En peu de temps les Oblats furent très populaires dans l'Ouest. Leur nom était sur toutes les bouches. Les habitants, retrempés duns la ferveur, ne leur ménageaient pas les témoignag-es de leur reconnaissance, et les prêtres leur réitéraient fréquemment l'assurance de leur croissante sympathie. Les nombreuses demandes de travaux qu'on leur adressait dépassaient de beaucoup celles auxquelles ils pouvaient satisfaire, nialg^ré leur zèle infatigable.

De là, aussi, ils rayonnèrent, en divers sens, jusqu'en Bretagne et en Vendée.

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