‹ Les Oblats de Marie Immaculée durant le premier siècle de leur existenceChapitre 92 sur 125 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

Liverpool

Sainte-Croix de Livej-pool et le Calvaire de Marseille.

Regardée comme le port de Manchester, la ville de Liverpool est, après Londres, la plus considérable de la Grande-Bretagne. Par elle passent les quatre cinquièmes de tout le commerce anglais avec les États-Unis. Des quatre cent mille habitants qu'elle possédait en i85o, plus de cent mille se prétendaient catholiques : mais le tiers de ceux-ci vivaient sans religion aucune, faute de clergé. Les enfants croupissaient dans l'ignorance, et trop souvent les malades mouraient sans sacrements.

Ayant appris les merveilles opérées par les Oblats à Manchester, Mgr Brown, évêque de Liverpool, pensa qu'une de leurs communautés serait une source de bénédictions pour son troupeau. Ce prélat leur oflrit donc le service de la chapelle de Sainte-Croix, Holj^ Cross, située non loin des docks où travaillaient des milliers d'Irlandais, pauvres des biens de la terre, mais plus dénués encore des trésors spirituels. Jusqu'alors, en effet, il n'y avait eu, là, qu'un seul prêtre, pour plus de dix mille fidèles.

Les Oblats lui succédèrent, le 18 janvier i85o.

Cette maison nouvelle leur rappelait l'une des plus anciennes de la Congrégation : le Calvaire. N'était-ce pas le même nom ? Holy Cross ! La Sainte Croix !

En signalant cette similitude à Mgr de Mazenod, le P. Aubert. qui se plaisait, parfois, aux rapprochements ingénieux, lui disait :

— Nous sommes ainsi au cœur de deux populeuses cités, dont l'une s'appelle la Marseille de l'Angleterre, et l'autre le Liverpool de la France.

Son premier soin fut de procurer le bienfait d'une mission en règle à tant d'âmes jusque-là si abandonnées.

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Elle commença vers le milieu de février. La chapelle était plutôt une sorte de hangar qu'une église. Il faudrait se préoccuper, sans tar<ler, d'en bâtir une plus décente. Pendant la mission, elle fut constamment archicomble. Gomme à Manchester, les Pères durent rester au Tribunal de la pénitence, tous les soirs jusqu'à minuit, et quelquefois jusqu'à deux ou trois heures du matin.

— Ici. remarquait le P. Aubert, on a autant de gens à confesser, dès le début, que la veille de la clôture, ailleurs !

Parmi ces Irlandais, néanmoins, beaucouj) ne s'étaient pas approchés des sacrements depuis vingt ou trente ans.

La mission se continua jusqu'à Pâques. Elle fut comme une résurrection pour ce vaste district. La promulgation de la loi de Dieu et le renouvellement des promesses du baptême produisirent une impression profonde. Une trentaine d'hérétiques abjurèrent publiquement leurs erreurs. Les communions eurent lieu par milliers.

En termes très flatteurs, le journal anglais le l'ablet rendit compte de cet événement.

S 2 Dans les comtés d'York ^t de Lancastre.

Tandis que les Pères Aubert, Egan et Noble évangélisaient avec tant de succès Liverpool, le P. Cooke entreprenait un travail semblable à Huddersfield, l'une des villes manufacturières les plus importantes du comté d'York. Sa parole ardente remua la conscience des catholiques endormis. Elle décida aussi la conversion de plusieurs protestants et méthodistes, des plus notables.

Plein de reconnaissance, le curé écrivait au P. Aubert :

— Dieu a béni d'une manière extraordinaire les labeurs du R. P. Cooke, dont le zèle et la piété sont au-dessus de tout éloge... L'amour et la charité régnent maintenant dans cette paroisse si malheureusement divisée jusqu'à présent. Jamais un changement si radical ne s'était opéré, en si peu de temps. Quelle transformation !... C'est un sujet d'étonnement pour nos frères séparés !

Après Pâques, les Pères Cooke et Noble poursuivirent leurs courses apostoliques dans le comté de Lancastre.

Ainsi, dans leur province naissante d'Angleterre, les Oblats se livraient avec fruit à la prédication des missions populaires. Ce genre de ministère, outre le bien qui en résultait pour les âmes, contribuait à faire avantageusement connaître la Congrégation. Les prêtres l'appréciaient de plus en plus, et les évoques lui prodiguaient les marques d'une croissante sympathie.

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