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Une céphalalqie se manifestant tantôt comme une douleur violente paroxyslique, tantôt comme une douleur sourde «un rongement pénible » qui le quitte peu, apparaissant dès le réveil et présentant des recrudescences douloureuses après les principaux repas, à l'heure où s'effectue la digestion stomacale. Cette dernière est d’ailleurs le plus souvent troublée par des dyspepsies douloureuses dont l’origine est dans
. l'atonie stomacale, cet organe participant à l'adynamie gé-
nérale-
Leur sommeil est de courte durée. Eux qui, plus que personne, auraient besoin d’un repos réparateur de leurs forces physiques et morales, n'ont le plus souvent que des insomnies fréquentes et pénibles. Leur esprit surexcité les lient en éveil et, s'ils viennent à s'endormir, ils ont des cauchemars,
ressentent des piqûres, des fourmillements, des secousses
musculaires qui les éveillent en sursaut.
D'autres, plus rares, arrivent à dormir. Mais leur sommeil est alors lourd et pémble, il a quelque analogie avec celui des alcooliques. Pendant toute sa durée, leurs membres sont engourdis, leur tête est pesante. Ils mellent un temps très long à se réveiller etne parviennent à se lever qu’au prix de pénibles efforts. Aussi, lorsqu'il lui faut reprendre, le matin, sa tâche quotidienne, le sujet se sent épuisé par ce manque de repos, auquel se sont ajoulées parfois des pollutions nocturnes fréquentes. Il à la tête lourde et éprouve souvent du vertige. Ce n'est pas, comme dit Gilles de la Tourette (1) «un véritable trouble de l'équilibre qui renverse le malade sur le sol, mais bien plutôt une sensation de vide cérébral, de translation s’accompagnant d'une faiblesse des membres inférieurs, qui tendent à se dérober sous le poids du corps. »
(1) Gilles de la Tourette : « Les Etats neurasthéniques », p. 13.
RUE Cet élat vertigineux est encore favorisé par des troubles ocu- Jaires, asthénopie accomodative, mouches volantes, qui s’exagèrent par la pleine lumière lorsque le malade veut sortir ou travailler. ;
Avec cela le neurasthénique éprouve des phénomènes anormaux, simulant parfois à s'y méprendre des lésions graves. Il ressent des troubles dans le système cardio-vasculaire : des palpitations de cœur douloureuses, des battements dans la tête, aux tempes, au cou, à l’épigastre. Des crises de fausse angine de poitrine, des bouffées congeslives, de lhypotension, des troubles dans les fonction digestives. Dys-. pepsies douloureuses, borborygmes, flatulences s’accompagnant de diarrhées ou de constipations opiniâlres présentant le Lableau de l’entérite muco-membraneuse.
Des troubles de la fonction sexuelle. De la dysménorrhée chez la femme, des pollutions, de l'impuissance ou du saltyriasis chez l'homme. |
Des troubles de la fonclion urinaire : Mictions fréquentes et douloureuses, avec oligurie ou polyurie.
Des troubles du système nerveux : Tremblements des membres, craquements subjeclifs, secousses musculaires intenses, des douleurs erratiques, des hypéresthésies, parfois même une exagéralion des réflexes, elc.
Suivant que; telle ou telle catégorie de ces Symplômes seront prédominants, on aura à faire à une neurasthénie cardiaque, urinaire, etc. On comprend aisément que, toujours préoccupé par eux, le neurasthénique inquiet finisse par tomber dans des obsessions hypocondriaques. La phobie de Ja maladie nous explique ces idées hypocondriaques, comme la crainte du vertige pourra nous aider à comprendre son agoraphobie.
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La fatigue, qui nous a expliqué en grande partie les
Symptômes physiques du neurasthénique, nous donne aussi la clef de son état mental.
Le moindre effort de pensée l’épuise. En présence de la difficulté intellectuelle, il se sent déprimé et sans force, et pour la vaincre, il est obligé de dépenser une somme d'énergie considérable. Cette disproportion entre le but qu'il poursuit et les moyens qu'il est obligé de mettre en œuvre pour l’atteindre, lui font perdre toute confiance en lui. Exagérant sa faiblesse naturelle, il grossit du même coup les difficultés qui l'entourent et se décourage pour les molifs les plus futiles. «Il se fait un monstre de rien, dit Grasset; un simple caillou devient pour lui un Dichers une ombre devient un fantôme. » :
Cette asthénie morale qui lui fait craindre l'effort, le poussera à subir passivement les difficultés de l'existence comme un falaliste. Conscient de son impuissance, la vie lui apparailra sombre, 1l en verra les principaux événements comme àlravers des luneltes noires.
Il est « pessimiste. Mais à l'inverse du mélancolique qui puise sa tristesse et son abattement dans les interprétations délirantes, vérilables perversions mentales, où du paralyt ique général qui ne jouit plus de son propre contrôle, le neurasthénique se rend un compte exact de son état mental, de la dépression psychique äans laquelle il se trouve. [1 s’en rend comple et ils'en afflige, et c'est même celte conscience exagérée de son élat qui le plonge dans la fristesse. » (1)
Ses facultés mentales gardent leur intégrilé et ne présentent aucune perversion. Ses jugements sont sains, son association des idées normale, sa mémoire intacte, bien qu'un « peu dure », comme nôus le disait d'une manière assez
(1) Gilles de la Tourette : op. cit., p. 23.
Lio
pittoresque l'un de nos malades. C’est qu’en effet, bien que les souvenirs soient conservés intégralement, 1l faut au neurasthénique un effort pour les évoquer. Il à le plus souvent une riche floraison d'idées excellentes en général, et lorsqu'on les prend séparément; mais contradictoires et désordonnées dans leur ensemble. II ne peut en poursuivre une jusqu'au bout avec persévérance. À chaque instant celle qu'il veut réaliser semble lui échapper et il passe de l’une à l’autre sans transition, exécutant un perpétuel coq-à-l'âne. C’est là l’origine de ce caractère mobile, changeant, instable, qui leur permet de passer dans un temps très court par toute la gamme des sentiments, depuis la plus grande tristesse jusqu'à la plus intense joie. De là aussi ses distraclions incessantes et ses perpéluelles étourderies que tout le monde connait bien.
«Il prend un livre ou un journal, dit Béard, et en lit un paragraphe une demi-douzaine de fois sans savoir ce qu'il contient ou sans pouvoir dire ce qu'il a lu. Il jette le livre de découragement et il essaye d'écrire une lettre, mais 1l Jui faut souvent y renoncer avant d’avoir rempli la première page ; son esprit voyage dans un rêve diurne, aussi loin que possible du sujet poursuivi par la pensée ; et ce rêve fait vile oublier le travail qu'il avait entrepris. »
Chez le neurasthénique l’imagination domine sur fa raison. C'est que les facultés inhibitrices qui constituent le « pouvoir de contrôle » chez l’homme normal est très faible chez lui. I se laisse dominer par ses impressions sans chercher à les vaincre. Aussi est1l irritable sans motif, boudeur sans cause. Cette tournure d'esprit avait été très bien observée par les auteurs anciens qui l'appelaient « faiblesse irritable.»
Ilest émolif à l'excès, les causes les plus futiles provoquent chez lui des réactions émotionnelles intenses. Un mot un peu vif, une scène impressionnante, une conlrariété le