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mettent en émoi. Il rougit avec une facilité surprenante. Sa gorge «se serre »,1l a des « angoisses pénibles », fond en larmes à lout propos, etc., etc.
+ Tous ces phénomènes anormaux el qui lui paraissent tels, l’étonnent et le font se préoccuper de lui-même plus qu'ilne faudrait. H s'analyse avec beaucoup de minutie et se rend comple de ce qu'il y a de pathologique dans son état. Mais avec sa facilité de pousser les choses à l'extrême, il exagère la gravité de son état. Il croit sa maladie incurable. Il s'étudie, «se dissèque » pour discerner tout ce qui lui paraît anormal dans les désordres physiques et dans les déscrdres psychiques qu'il constate. Craignant de confier ces détails à
sa mémoire qui pourrait être infidèle, ou pour apporter plus
de précision dans l'étude de ces symptômes morbides, il les écrit el constitue de véritables mémoires qui sont souvent des auto-observations pleines d'intérêt pour le médecin ou le psychologue. Cette tendance à écrire «sur de petits papiers » est, par elle-même, une indication pour le diagnostic.
Cette analyse, dans laquelle les détails sont grossis, lui fait penser qu'il n'est pas comme tout le monde; cela le rend timide, car il craint de n'être pas compris et d'être tourné en ridicule. En fait, son milieu le méconnaïit souvent. On le traite de malade imaginaire, parce qu'on trouve étranges et bizarres les maux dont il se plaint. Ses souffrances sont pourtant très réelles, son seul tort est de leur donner une importance plus grande qu'il ne conviendrait.
D’après cette esquisse rapide du caractère des neurasthéniques, on prévoit déjà comment les idées obsédantes pourront se produire, favorisées par cet élat mental très particulier. La simple analyse de leur « terrain psychologique »
CR ne
Al.
suffira à nous expliquer la plus grande partie des causes déterminantes des obsessions et elles sont nombreuses :
1° Des idées multiples et contradictoires surgissent dans son esprit. Au sein de ce chaos, l’une d'elle prendra tout à coup la prépondérance. Ce sera, le plus souvent, celle qui sera revêtue du coefficient affectif le plus riche qui se développera au détriment des autres, etson exubérance sera telle, qu'elle occupera à elle seule le champ de la conscience tout entier, forçant l'attention du sujet. « Dans l'harmonie polvidéique qui constitue le fonctionnement normal de l'intelligence, l'émotivilé pathologique cherche à Jeter une note, toujours la même. Cette note introduite ainsi dans le concert intellectuel, devient une étrangère, une intruse, qui sollicite notre altention. De sorte qu’en dehors des concepts réguliers qui se déroulent normalement dans notre esprit, une idée discordante tend à se faire jour et, s’hypertrophiant de plus en plus, en arrive à s'imposer et même à dominer les autres. D'où cette tendance à la dissociation ou dédoublement Psychique (1) ». *
2° L'état de fatigue cérébrale du neurasthénique ne lui permet pas, comme chez l’homme normal, de coordonner, de biérarchiser avec force ses idées. Aussi, lorsque l'idée ohsédante se développe, « qu'il la sent venir », il ne trouve pas d'idée plus forte à lui opposer et qui, par ses caractères, pourrait mhiber la premiére. On sait, en effet, que deux idées peuvent s'empêcher de passer mutuellement à Ja pleine conscience el même à l’acle, l’une ne pouvant acquérir la prépondérance que lorsque l’autre aura disparu.
3° L'allention volontaire est beaucoup diminuée chez le
(1) Pitres et Régis : « Obsessions et impulsions », p, 71.
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