CHAPITRE II
LES SENTIMENTS D’INCOMPLÉTUDE
Nous venons de voir un certain nombre de malades qui présentaient les symptômes neurasthéniques les plus simples, des troubl es de la digestion, de la fatigue, de l'insomnie, puis nous avons vu survenir les accidents mentaux de l’aboulie, de laprosexie, de l’amnésie continue, de l’insensibilité morale. Cependant jusqu’ici les malades n’étaient pas considérés comme délirants, ori ne parlait encore que de neurasthénie simple. Il nous semble qu’il suffit cependant de peu de chose pour compliquer à la maladie et pour déterminer le début des troubles proprement intellectuels. 11 suffit que l’aboulie et l’aprosexie soient assez fortes pour être senties par le sujet lui-même, et pour déterminer en lui des sentiments particuliers en rapport avec l'abaissement du fonctionnement cérébral. Voici, d’ailleurs, quelques exemples qui vont vous faire comprendre celte complication.
Observation 18. — Aboulie et sentiment d’inertie. — Trois grossesses, engourdissement, aprosexie, sentiment de rêve et sentiment d’étrangeté.
Cette jeune femme de 24 ans, Dd..., prétend que ses parents étaient tout à fait normaux : cela nous paraît douteux, car elle a deux frères qui ont déjà présenté des troubles de l’esprit, et elle-même est atteinte d’une manière assez grave. Il ne nous suffit pas de remarquer qu’elle est de famille israéli te et de vous rappeler la prédisposition évidente de la race israélite aux troubles mentaux ; il est probable que la prédisposition a dû s’accentuer dans cette famille, et qu’il y a des choses plus sérieuses qu elle ne le dit.