II. — a
Is
LES INSUFFISANCES piiysio psychologiques
un acte volontaire il est obligé de se livrer à un manège bizarre. Il se contorsionne, prend des attitudes étranges pendant plusieurs minutes. Ainsi avant d écrire une lettre il faut qu’il se mette à genoux par terre, « cela soulage, dit-il, mon estomac, il faut que je me roule un peu pour prendre du courage. — Et après ces contorsions écrivez-vous bien la lettre? — Oh non ! presque jamais, car après m’être ainsi roulé par terre je suis fatigué et il faut que je me repose. » Ainsi remarquez-le, non seulement l’action volontaire n’est pas faite mais h la place le malade a fait une série de contorsions bizarres et fatigantes. Nous vous prions de retenir ce petit fait qui, chez ce sujet, paraît peu important mais qui, si nous ne nous trompons, va jouer un grand rôle dans la constitution des tics et des angoisses.
Il est intéressant de vous faire remarquer que ce malade a eu sous notre direction une amélioration considérable. En dehors du régime très sobre et presque végétarien auquel nous tenons beaucoup chez les neurasthéniques et de quelques toniques nous avons surtout travaillé à remonter son moral. Nous lui avons expliqué qu’il se laissait aller à une sorte de dépression de l’activité mentale, qu’il se contentait d’opérations mentales inférieures en bavardant, en se contorsionnant et qu’il pouvait se dresser lui-même à dépenser mieux son activité. 11 a bien compris, ou plutôt il a été excité par l’espoir que nous lui donnious et il a pu dominer son inertie. Il est pour le moment beaucoup plus actif et de toutes façons mieux portant. Quoique nous craignions justement les rechutes bien probables, il faut toujours se féliciter de ce répit.
Observation 9. — Neurasthénie grave. — Hérédité, crises antérieures, troubles de l’estomac, fatigue douloureuse, aboulie, amnésie continue, ennui, rumination mentale, guérison par émotion.
Voici un de ces cas de neurasthénie grave que l'on peut considérer comme intermédiaire entre la neurasthénie proprement dite et les états psychasthéniques avec phobies et obsessions.
La mère de cette pauvre femme a déjà eu une maladie semblable après avoir sevré un enfant; il paraît qu’elle s'est guérie après quelques mois. Mais la guérison n’a pas dû être bien complète, puisque un an plus tard elle a réussi à se suicider.
LES ÉTATS ABOULIQUES
Notre malade Crot..., qui est maintenant âgée de 37 ans, a eu des convulsions dans la première enfance; c’est un antécédent que l’on relève souvent dans la psychasthénie comme dans l’épilepsie tandis qu’il est plus rare dans l’hystérie. Elle a toujours eu des dispositions à la tristesse et à l’ennui, mais la première crise sérieuse de dépression mentale ne survint qu’à l’âge de vingt ans à propos de d i dieu 1 tés pour son mariage. « Je ne voulais pas me lever, je pleurais, j’avais du chagrin, je ruminais constamment dans ma tète ce qui m’avait rendu malheureuse. » Cette première crise guérit au bout de cinq à six mois.
Crot... se maria et eut deux enfants sans incidents; ce n’est qu’à l’âge de 82 ans que l’état neurasthénique se reproduisit; un changement de situation, le début d’une petite maison de commerce qu’elle entreprit de diriger avec son mari détermina cette rechute: la guérison survint encore au bout d’un an. Des pertes d’argent, l’ennui de voir son mari sans situation ont tout fait recommencer cette année à l’âge de 37 ans.
Voici les principaux troubles physiques de cette malade : au début elle souffrait beaucoup de son estomac, depuis que les troubles se sont accentués et qu’il y a des phénomènes mentaux, elle ne se plaint plus du tout de l’estomac et elle réclame à manger bien plus qu elle ne faisait, il y aurait plutôt boulimie. Cette alternance des troubles de l’estomac et des troubles mentaux est fréquente. On peut se demander dans ce cas en particulier si la maladie de l’estomac ne continue pas à évoluer, car l’estomac est clapotant et la malade continue à maigrir malgré son alimentation plutôt excessive : l’engourdissement plus grand l’empêche de se rendre compte de l’état de son estomac.
Elle se plaint surtout de souffrir dans sa tête, dans les yeux, dans le dos, dans toutes les articulations: c’est une sorte de fatigue douloureuse qui la tient dans tous les membres. Sans doute il peut y avoir quelque exagération dans l’expression de cette fatigue chez les malades hypocondriaques, mais il est certain que cette fatigue est en grande partie réelle. Nous avons toujours répété qu’elle était l’expression de l’aboulie, de la diminution énorme de l’activité nerveuse qui se trouve à un degré de tension très inférieur.
Cette femme en effet reste toute la journée à ne rien faire, tout en se lamentant sur tout le travail qu’elle aurait à faire. Elle hésite beaucoup pour entreprendre la moindre occupation, « c’est, dit-
LES INSUFFISANCES l’IlVSlO FsŸCIIOLOGIQfKS
elle, que je me figure que je suis incapable de faire la moindre des choses et cependant quand je suis parvenue à me décider et à commencer un petit travail je le fais aussi bien qu’autrefois ».
Elle hésite également pour se coucher et pour essayer de dormir et elle souffre beaucoup d’une insomnie continuelle.
Son defaut d’attention détermine une amnésie continue des plus typiques, nous l’avons rarement observée à ce degré dans les neurasthénies ; cette femme a de l’amnésie des choses récentes comme un alcoolique, c’est l’amnésie qui s’observe chez les individus qui ont des névrites toxiques et dont l’état mental a été décrit par Korsakof. Ce rapprochement n’a rien d’exagéré, il n'est pas impossible de supposer qu’il y a dans ces états quelque chose qui se rapproche des intoxications.
La malade se plaint aussi de son insensibilité morale, « je ne sais même plus pleurer, répète-t-elle ». Ce défaut des larmes se rattache à la suppression générale des sécrétions qui est frappante; ces malades ont le nez sec, la bouche sèche, la peau sèche et pulvérulente. Mais il y a en outre une véritable insensibilité morale qui n’est pas insignifiante au point de vue de la théorie des accidents mentaux.
Il nous semble que l’on abuse un peu de l’émotivité des neurasthéniques, cette émotivité survient chez quelques-uns comme un accident; mais elle ne fait pas nécessairement partie des stigmates fondamentaux de la neurasthénie.
Cette malade parait plutôt disposée à l’agitation mentale; sa tête travaille incessamment, elle cherche les causes de son malheur, elle cherche si elle aurait tort ou raison de se suicider comme sa mère.
C’est dans ce sens des obsessions et surtout de l’obsession du suicide que la maladie pourrait évoluer si le repos, l’hydrothérapie, l’alimentation réglée ne parviennent pas à l’enrayer.
Cette grave neurasthénie a duré en réalité fort longtemps, deux ans et demi. Dans la dernière année il y avait beaucoup d’amélioration, mais la plupart des symptômes persistaient toujours quoique amoindris :da guérison complète a eu lieu d’une manière si bizarre que nous vous prions de noter le fait. La malade se trouvait seule un soir chez une de ses nièces au terme de la grossesse, quand celle-ci commença à ressentir les douleurs de l’enlanlement. Crot... fit chercher de l’aide, mais dut rester seule près
LES ÉTATS ABOULIQUES
de la femme en couches; comme les choses se précipitèrent, c’est elle qui dut faire l’accouchement avant l’arrivée de la sage-femme. L’effort qu’elle fut forcée de faire sur elle-même, l’émotion et peut-être aussi l’étonnement de mettre au monde un petit garçon très vivant lui causèrent un grand bouleversement, elle sentit que quelque chose s’était changé dans sa tète et immédiatement elle se déclara guérie. Le lendemain elle vint nous raconter son aven-
ture et nous expliquer sa guérison qui d’ailleurs ne s’est pas démentie depuis deux ans. C’est un procédé de traitement que nous ne pouvons pas appliquer à tous les neurasthéniques, mais nous devons retenir cette influence de l’effort violent, de l’émotion pour relever la tension nerveuse.
Observation io. — Aboulie. — Indécision, conservation de l’intelligence.
Il est intéressant de rapprocher de cette maladie d’autres cas du même genre; voici une femme de 5i ans, Bsn..., dont l’état est peut-être un peu aggravé en ce moment par la ménopause, mais qui a toujours eu le même caractère depuis sa jeunesse, « je ne pouvais, nous dit-elle, jamais prendre une décision, je restais des heures dans l’indécision à propos du moindre bibelot. » Elle a toujours vécu de la sorte d’une existence inactive et misérable, maintenant les choses s’aggravent un peu : elle semble avoir une paresse énorme, ne peut plus se tirer du lit et reste toute la journée à ne rien faire. Remarquez toujours que l’intelligence proprement dite est intacte : cette femme n’a jamais 'été très intelligente, mais elle continue à s’exprimer suffisamment bien, à décrire son état et elle est la première à reconnaître l’absurdité de sa paresse, elle la déplore, elle sait bien que c’est pour elle l’origine d’une foule d’ennuis: « mais cela ne me sert à rien de savoir que je suis bête, de rester couchée et de ne rien faire, j’ai beau me le reprocher, me traiter de misérable, j’arrive seulement à me rendre très malheureuse, h me sentir désespérée et tout à fait perdue; cela ne me fait pas faire mieux ma besogne. » Remarquez encore qu’au lieu de faire l’action elle a, si elle insiste, des désespoirs, des souffrances, nous croyons que c’est là en germe le phénomène des angoisses.
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Le traitement n’est pas facile dans la situation où se trouve la pauvre femme, conseillons-lui de ne pas céder à la boulimie qui la tourmente comme il arrive quelquefois chez ces malades qui se sentent faibles, une alimentation modérée sera mieux digérée; tachons de lui procurer quelque repos et quelques encouragements et il est probable que la fin de la ménopause apportera quelque soulagement.
Observation ii. - — Aboulie. — Incontinence d’urine , bégaiement, abandon de tout travail, doute, crainte des responsabilités, ascétisme.
Dans ces premières leçons nous cherchons à vous présenter des malades très simples qui soient tout h fait au premier degré de l’affection que nous voulons étudier. Nous voudrions vous montrer des troubles psychasthéniques simples avant qu’ils ne soient compliqués par le mélange des accidents qui les suivent souvent. Or de tels malades sont assez rares à l’hôpital parce qu ils ne viennent pas se plaindre quand ils sont à ce degré ; aussi nous devons remercier M. Ly... qui a consenti à venir vous raconter sa vie assez singulière, il comprend qu’elle est anormale quoiqu'il n’ait jamais songé à se faire soigner, tellement il souffrait peu de ses anomalies.
11 n’y a pas ou du. moins nous ne lui connaissons pas d’antécédents héréditaires bien nets :il est probable que les parents avaient déjà un caractère analogue et que ce caractère s’est exagéré au cours de plusieurs générations au point de constituer une véritable maladie chez le dernier descendant, vous verrez ce fait important d’une manière bien plus nette dans plusieurs autres observations.
Ce malade a eu de l’incontinence d’urine nocturne jusqu’à l’âge de huit ou neuf ans. Puis quand cette incontinence a cessé il s’est mis à bégayer d’uile façon très pénible. Ce bégayement a diminué ii partir de l’âge de vingt-deux ans, c'est-à-dire au moment où d’autres troubles commençaient à se développer, il n’a complètement disparu qu’à l’âge de trente ans. On dirait que les troubles se remplacent les uns les autres et qu’il y a de véritables équivalences.
LES ÉTATS ABOULIQUES
A l’âge de vingt ans, ayant fait quelques études de droit et n’étant pas sans capacités, Ly. . . entra comme clerc dans une étude d’avoué. 11 réussissait dans cette position, le travail ne lui déplaisait pas et il lui procurait une aisance agréable. Eh bien voici dix-huit ans que Ly... a quitté cette position qui lui plaisait et qu'il n’en a repris aucune autre. Les quelques ressources qu’il peut avoir sans travailler sont extrêmement misérables et ne lui permettent qu’une vie des plus pénibles, le manque d’occupations et de distractions lui est très cruel et cependant il préfère rester sans rien faire.
Pourquoi a-t-il quitté sa position et pourquoi a-t-il adopté ce genre de vie.
« Le malade: Parce que je trouvais trop grave et trop pénible d’avoir uneresponsabilité. 11 me fallait recopier des actes, en signer d’autres, faire des calculs, il mesemblaitque j’aurais punie tromper . Il me fallait prendre des décisions, entreprendre tel travail ou tel autre, je ne pouvais m’y décider. Ce n’est pas précisément le travail qui me déplaît, je souffre de rester sans occupation, c’est de me décider à le faire.
— Mais dites-nous ce qui vous rendait les décisions si pénibles, si difficiles ? Aviez-vous donc des peurs, des angoisses qui vous empêchaient de prendre une résolution?
Le malade : Non pas précisément parce que je suis parti h temps, je me sentais plutôt fatigué qu’angoissé, je restais indéfiniment devant ma table et mes papiers sans me décider à les écrire ou à les signer et je remettais ma décision au lendemain, tant que mes résolutions étaient différées j’étais assez tranquille. Je sais bien que s’il fallait me forcer à me décider vite, cela déterminait en moi des tourments et des malaises ; mais cela ne m’est pas arrivé souvent, car peu à peu j’ai renoncé à rien faire et j’ai cessé de travailler plutôt que de faire l’effort qui aurait peutêtre amené les angoisses dont vous me parlez. Je me suis laissé aller à vivre tout à fait misérablement mais tranquillement. J’ai bien senti quelquefois que ce n’était pas raisonnable, mais je n’ai jamais pensé que ce fût une maladie. »
Remarquez encore le désintéressement, le renoncement de ce pauvre homme qui préfère la misère à l’elfort de prendre une petite décision, cette remarque ne sera pas sans importance plus tard quand nous aurons à étudier les rapports de l’ascétisme et des états extatiques avec le délire du scrupule.
LES INSUFFISANCES PHYSIO-PSYCHOLOGIQUES
Observation 12. — Aboulie à la suite d’opération chirurgicale.
— Troubles digestifs, Timidité, ennui, crainte des domestique s,
isolement.
Nous vous présentons encore rapidement ce cas d’aboulie simple parce qu’il présente deux petites particularités. Dans les cas précédents le trouble de l’esprit était presque toujours très ancien, il avait débuté dès les premières années de la jeunesse et la maladie constitutionnelle se rattachait à des antécédents héréditaires plus ou moins graves ; il ne semble pas en être ainsi dans le cas de cette dame, Mt..., âgée de [\i ans. Son père se portait très bien, sa mère parut avoir été un peu nerveuse, aucun parent n’a présenté de troubles mentaux, la malade elle-même semble avoir été très normale jusqu’à ces dernières années, son mari n’a pas observé qu’elle fût particulièrement indécise et sans volonté. Depuis une dizaine d’années, elle était atteinte d’une adénite du cou qui devenait de plus en plus gênante, une glande s’ouvrit et donna naissance à une fistule qui coulait continuellement. Malgré cet accident, la santé générale et la santé morale se maintenaient bonnes; il y a trois ans, à l’âge de 38 ans, elle céda à la sollicitation de sa famille et se décida à se faire opérer. Déjà avant l’opération, sous l’influence de l’appréhension, son caractère changea ; elle commença à devenir triste et inquiète. L’opération réussit parfaitement et ne laissa qu’une petite cicatrice insignifiante. Cependant depuis ce moment toute son existence semble avoir été changée, la tristesse et l’ennui ont augmenté et la malade est devenue de plus en plus incapable de rien faire. Elle 11e veut plus s’occuper ni de son ménage, ni de ses enfants, elle n’est plus capable de surveiller sa propre toilette et se laisse aller à la malpropreté. Cependant comme toujours l’intelligence est intacte, la malade raisonne très bien son cas, sait qu’elle se conduit d’une manière absurde, qu’elle se fait du tort à elle-même mais n’arrive pas à changer.
Vous voyez donc que l’état neurasthénique manifesté ici par les troubles digestifs, la fatigue, les maux de tète, l’insomnie, et le trouble mental de l’aboulie semble s'être développé après une opération chirurgicale. Peut-être pourrait-on se demander si la suppression de cette fistule qui existait depuis dix ans n’a pas joué un certain rôle : on revient un peu aujourd’hui aux idées anciennes
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sur les auto-intoxications et les émonctoires. Sans se lancer dans ces hypothèses, il est plus simple de faire jouer un rôle à l’émotion causée par l’opération. Vous avez vu que quelques jours auparavant déjà le caractère se modifiait. L’abaissement de l’esprit, cette suppression des phénomènes supérieurs peut donc être produite simplement par l’émotion, à un âge déjà avancé et ne pas être constitutionnelle comme dans les cas précédents.
Le deuxième détail que nous voulions vous faire remarquer c’est une certaine attitude de la malade, une sorte d’explication délirante qu’elle donne de son aboulie. Quand on lui reproche son inertie dont elle sent elle-même le ridicule, elle cherche à l’expliquer par des prétextes et elle prétend toujours qu’elle est gênée par la présence de telle ou telle personne. Au commencement, elle a soutenu que c’était la présence de sa belle-mère qui l’empêchait d’agir ; or la belle-mère habitait avec elle depuis vingt ans et ne l’avait jamais gênée auparavant. On a essayé de faire partir la belle-mère, la malade n’a agi un peu mieux que pendant quelques jours et elle a prétendu qu’elle était gênée par la présence d’une bonne dans la maison : elle ne pouvait pas agir avec la pensée qu’il y avait quelqu’un dans la maison pour la voir et la surveiller. Dans ces récriminations, il y a évidemment une grande part d’illusion de la malade qui est aboulique en réalité par l’engourdissement de son cerveau et non par la présence de la bonne, mais il y a une petite part de vérité. Cette femme fait encore quelques actes quand elle est absolument seule et dans des conditions favorables, mais elle perd absolument toute puissance d’action quand elle est en présence de quelqu’un. C’est qu’èn réalité la présence de témoins rend en général les actions un peu plus complexes et un peu plus difficiles, nous le savons tous par expérience. Il n’est pas difficile de comprendre ce qui se passe : la présence de témoins occupe une partie de notre attention et nous empêche de donner toutes nos forces à l’action entreprise. Il faut ou bien se distraire complètement de la pensée des témoins, ce qui exige un effort, ou bien concevoir dans une même synthèse la pensée de témoins et celle de l’action exécutée, ce qui est évidemment une synthèse plus large et plus difficile.
Notons donc ce fait en passant, c’est qu’une aboulique perd encore plus sa volonté quand il y a des témoins : il nous sera précieux plus tard pour comprendre les phénomènes de la timidité qui ne nous semblent pas toujours interprétés très correctement.
LUS INSUFFISANCES l'HVSIO-PSYCIIOLOGIQUES
Observation i3. — Entêtement. — Obsessions, açj italien, aboulie,
démence précoce.
Nous vous montrons encore une malade qui présente des troubles de la volonté et qui peut terminer d’une manière intéressante cette série de malades abouliques que nous avons étudiés cette année.
Voici un des derniers exploits de cette petite jeune fille de seize ans etdemi, Sau... : Il y aquelques jourselle s’est fâchée contre sa mère dans les conditions suivantes. Elle était en train de nettoyer la chambre avec un torchon, sa mère lui a fait observer que pour nettoyer le parquet, elle ferait mieux de prendre un balai. « S’il en est ainsi, a répondu la petite, je ne ferai rien du tout » ; elle a tout jeté et s’est retirée debout dans un coin. Ce n est, direz-vous, qu’une enfant qui boude. Oui, mais combien de temps a duré cette bouderie? Au bout de quelques heures, la voyant toujours immobile dans son coin, les parents l’ont appelée, l’ont priée de cesser sa mauvaise humeur. Rien n’y fit, ni les appels, ni l’heure des repas, ni l’heure du coucher; le jour passa, la nuit, la journée suivante et ce ne fut qu’au bout de 3g heures que cette pauvre fille se décida à quitter son coin en disant tranquillement que c’était fini. C’est là un bel entêtement et il en est ainsi chez elle pour beaucoup d’actions. Quand elle s’est entêtée à ne pas faire une chose, on la tuerait plutôt que de la faire céder. C’est ainsi qu’elle a cessé tout espèce de travail et qu’elle reste des journées entières à rêver.
Si elle ne fait rien de bien, elle sait du moins faire quelques sottises: elle casse les objets qu’on lui donne, elle se masturbe, et surtout elle semble chercher à se faire du mal. Dans des sortes de petites crises d’agitation, elle se frappe violemment la tète et s’arrache des poignées de cheveux.
Si on lui demande la raison de cette conduite bizarre, elle vous raconte avec un petit ton calme qu’elle a des envies de se tuer pour être tranquille, qu’elle est tout le temps tourmentée, qu elle est mauvaise, qu’elle ment, qu’elle se touche quatorze fois par jour. Elle se vante alors de tous les vices possibles avec une exagération évidente.
Sans doute cette petite malade semble être une aboulique avec
LES ÉTATS ABOULIQUES
des obsessions criminelles ; vous savez combien l’entêtement se rapproche de l’aboulie. Les sujets faibles de volonté ne savent pas plus arrêter une action cju’en commencer une. Ceux d’entre vous qui sont curieux de psychologie peuvent lire à ce propos une curieuse étude « sur l’entêtement », par M. Dugas dans la Revue philosophique. Nous souhaitons qu’il ne s’agisse que d’aboulie et de scrupule.
La maladie aurait commencé comme il arrive souvent à la suite d’une fièvre typhoïde. Mais l’âge de la malade, son air un peu abruti, ses entêtements de trente-neuf heures, avec immobilité, ses réponses parfois un peu bébêtes, nous inquiètent un peu. Nous voyons trop souvent débuter ainsi par des entêtements inexplicables, la démence précoce des adolescents, l’hébéphrénie. S’il en était ainsi la confusion ne tarderait pas à augmenter et deviendrait définitive. Souhaitons que cette supposition soit exagérée.
Observation it\. — Aprosexie. — État neurasthénique , fatigue, douleurs, aboulie, aprosexie, amnésie continue', besoin de direction.
Toutes les observations que nous avons faites à propos de la volonté pourraient être répétées à propos de l’attention, tous les malades précédents ont aussi peu d’attention que de volonté. Mais, dans certains cas, le trouble de l’attention devient prédominant et il a alors des conséquences extrêmement importantes pour tout le fonctionnement de l’esprit : h notre avis on ne saurait trop insister sur les troubles de l’aprosexie qui sont pour nous le point de départ du délire du doute et de beaucoup d’obsessions. Aussi ce symptôme est rarement isolé et nous le retrouverons très souvent dans des observations plus complexes. Il nous a semblé que dans ce cas, chez cette femme de 44 ans, Qb..., il se présentait d’une manière assez simple pour que nous puissions réunir la malade avec les autres abouliques simples dans cette leçon sur les troubles psychasthéniques élémentaires.
Rien de bien notable dans les antécédents héréditaires, la malade a eu une enfance et une jeunesse ii peu près normale. A 21 ans, la première grossesse est assez mal supportée, Qb... reste épuisée après l’accouchement et commence évidemment des troubles neurasthéniques, elle souffrait beaucoup de fatigue et
LES INSUFFISANCES PHYSIO-PSYCHOLOGIQUES
d’insomnie. Dès ce moment, la neurasthénie prend chez elle un aspect un peu spécial, elle semble troubler l’attention et la perception plus que les actes, la malade prétend qu'à ce moment elle est restée quelque temps sans bien voir devant elle et sans bien entendre; tout à l’heure nous vous présenterons pour la comparer avec celle-ci une malade qui présente à un haut degré cette surdité prétendue neurasthénique. Quoi qu’il en soit, Qb... se rétablit assez vite six mois après l’accouchement. Jusqu’à trente ans, elle resta bien portante.
A trente ans, elle dut soigner son mari très malade et assister à sa mort : il y eut alors une rechute de l’état neurasthénique, avec de la faiblesse, des tremblements et de nouveau des troubles de la perception : Qb... entendait mal et ne comprenait plus ce qu’on disait. Guérison relative en deux années. A -35 ans survient une attaque grave d’influenza qui est suivie de troubles de l’estomac très durables : la malade recommence à ne plus avoir le courage de marcher, à ne plus pouvoir faire aucune action. Sa tète était douloureuse « comme si elle était pleine d’un tas de petits cailloux qui s’entre-choquaient ». Non seulement Qb... ne pouvait rien comprendre, mais les paroles qu’elle entendait mal lui étaient pénibles, tous les bruits lui paraissaient énormes et incompréhensibles. Sans que la guérison fût bien complète, il v a eu une amélioration vers l’âge de [\o ans. La malade avait repris confiance car elle s’appuyait sur son fils « qui grandissait et qui remplaçait son père ». Quand ce garçon lui parlait elle le comprenait bien et il n’avait qu’à l’encourager un peu pour que son cerveau fonctionnât avec une activité plus grande. La tension nerveuse, si on peut ainsi dire, devenait plus grande et lès phénomènes supérieurs de la volonté et de l’attention réapparaissaient.
Or voici qu’un nouveau malheur vient de frapper cette pauvre femme, son fils est parti pour le service militaire et l’a laissée seule. Cela a été l’occasion d’une chute complète plus grave que les précédentes avec fatigues, troubles gastriques, insomnie sur laquelle nous ne revenons pas ; nous ne vous faisons remarquer maintenant que les troubles intellectuels qui sont considérables. La malade ne peut plus faire aucune attention et par conséquent ne peut exécuter les opérations mentales qui demandent de l’attention, elle ne peut plus lire et se désole de ne pas comprendre à la lecture les lettres de son fils, elle ne peut plus compter et doit renoncer à faire dans les magasins un petit achat, car elle ne s’entend plus avec les
LES ÉÎAÎS AtlOÜLIQÜES
marchands sur le compte de la monnaie. Bien plus elle ne se reconnaît plus dans les rues et même dans son quartier et elle est obligée de demander son chemin. En réalité l’attention aux choses présentes, la synthèse des sensations nouvelles avec les anciennes images qui constituent la reconnaissance se comporte ici comme la volonté, elle disparaît quand l’esprit s’affaiblit, tandis que d’autres opérations: la mémoire du passé, le langage, le raisonnement persistent sans altération. Cette attention se présente donc suivant notre convention comme un phénomène supérieur plus élevé dans la hiérarchie que le raisonnement abstrait. Sa disparition nous paraît suivre celle de la volonté proprement dite, dès que l’affaiblissement mental est un peu plus grand et que le niveau mental baisse davantage.
Cette aprosexie, quoiqu’elle soit ici aussi simple que possible et non compliquée de délire, amène cependant déjà deux conséquences importantes. La première, que nos études précédentes vous font vite soupçonner, c’est un trouble de la mémoire. La malade n’a pas oublié sa vie passée, qu’elle raconte en grands détails, mais elle oublie les événements nouveaux à mesure qu’ils se produisent ou, plutôt, les percevant très mal, elle n’en fixe pas le souvenir; elle ne sait jamais le soir ce qui s’est passé le matin et elle ne termine pas les actions parce qu’elle a oublié leur commencement. Elle met à cuire des œufs et les laisse sur le feu toute la journée, le soir elle les retrouve avec étonnement, ne sachant pas pourquoi elle les a mis sur le feu et ne sachant pas si oui ou non elle a déjeuné. La seconde conséquence intéressante c’est que cette aprosexie amène aussi à sa suite un sentiment. Nous vous signalons avec insistance ces sentiments déterminés par le fonctionnement cérébral, nous vous proposons de les appeler des sentiments intellectuels; vous verrez qu’ils vont prendre une place considérable dans la pathogénie des divers délires. Chez cette malade, ils n’ont pas encore pris une grande importance, elle note seulement qu’elle a souvent un sentiment d’étonnement, de nouveauté. « Dans mon quartier, que j’habite depuis 20 ans, et que je ne reconnais plus, il me semble que je suis dans une ville nouvelle, que je n’ai jamais vue ou que j’ai vue il y a très longtemps. » Vous voyez que c’est le sentiment opposé au sentiment du « déjà vu » qui nous fait reconnaître comme anciens des objets nouveaux. Ici le sentiment de « jamais vu » se développe à l’occasion d’une attention très restreinte et très pénible. Il faut
LES INSUFFISANCES PHYSIO-PSYCHOLOGIQUES
en effet que la malade fasse quelque attention pour remarquer que la rue lui semble nouvelle, mais cette attention, croyons-nous, est pénible, demande des efforts et par conséquent elle ressemble à la perception d’une rue nouvelle dans une ville inconnue qui, elle aussi, demande un certain travail. Le traitement de cette pauvre femme me semble devoir être assez simple: le retour de son lils dans quelques mois aura plus d’influence que les médicaments.
Observation i5. — Indifférence morale à la suite d’émotions.
— Mariage avec un inverti, procès, aboulie, aprosexie, apathie,
morale.
Cette observation très intéressante de AI..., femme de 2ÿ ans, complète les précédentes et montre une troisième forme que peut prendre cette insuffisance psychologique quand elle est grave. Nous voyons ici non seulement la suppression de la volonté, non seulement la suppression de l’attention et des perceptions, mais encore la suppression des sentiments et des émotions qui deA raient être excités par la situation présente. Pour le bien comprendre, il faut d’abord connaître la singulière histoire de cette malade.
Les parents ne semblent pas avoir présenté de tares bien nettes ; l’enfant s’est bien développée, quoiqu’elle fût réglée tard, à 18 ans, et jamais bien régulièrement. C’était une jeune fille de peu d’énergie, mangeant peu, assez disposée aux hésitations et aux scrupules, mais sans accident précis.
Elle fit h 21 ans un mariage invraisemblable: elle épousa un individu qui semblait épris d’elle, mais qui dès la nuit de noce refusa de la toucher. Après quinze jours, ce mari bizarre lui déclara qu’il avait horreur des femmes et qu’il ne l’avait épousée que pour se rapprocher de son frère. En effet, ce singulier personnage poursuivait de ses assiduités le frère de sa femme. Ne discutons pas aujourd’hui ces perversions sexuelles que les auteurs allemands rapportent un peu trop à des inversions des instincts : « une âme de femme, disent-ils, dans un corps d’homme ». Elles nous paraissent beaucoup plutôt le résultat de mauvaises habitudes engendrant des idées fixes secondaires chez des individus suggestibles et dégénérés. Peu importe la pathogénie : de semblables mariages sont connus et amènent toutes espèces de troubles.
Le frère de la jeune femme étant parti et refusant de voir son
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beau-frère, celui-ci tourna sa colère contre sa femme, il lui fit une existence épouvantable et, après tous les étonnements et les dégoûts du début, elle vécut dans une terreur continuelle : il fallut demander le divorce. Le procès fut des plus pénibles, examens médicaux répétés, certificat de virginité, etc. Elle eut le divorce à son profit, mais après beaucoup d’épreuves durant trois ans.
Depuis ce moment, elle a complètement changé de caractère, elle a perdu toute activité, elle est devenue incapable de faire aucun travail car son esprit ne peut pas s’occuper plus de quelques minutes. Si elle essaye de faire quelque chose, cela lui sort de la tète, elle n’y pense plus quelques minutes après. C’est le trouble de l’aboulie que nous avons vu bien souvent.
Les opérations intellectuelles qui dépendent de l’attention : l’intelligence de la lecture, la mémoire des événements récents ont disparu complètement. Elle oublie tout au fur et à mesure, mais ce qui l’a frappée le plus, c’est une extraordinaire indifférence. Elle ne s’émeut plus de rien, comme si rien ne l’intéressait Elle n’a même plus de haine pour son ex-mari. Elle ne souffre pas, mais elle n’est pas heureuse non plus, elle n’a aucun plaisir pour rien. « Autrefois, dit-elle, j’étais trop impressionnable, maintenant rien ne me contrarie, rien ne me fait plaisir, tout m’est indifférent. » Cette indifférence va jusqu’à troubler les sensations ; elle semble sentir correctement, « mais, dit-elle, tout semble changé, c’est comme si ce n’était pas moi qui sentais ».
Cet état d’indifférence se rattache bien à l’aboulie précédente, il en est un résultat. On peut dire que toutes les fonctions cérébrales sont abaissées comme s’il y avait une diminution générale de la tension nerveuse. Ce qui est curieux, c’est que dans un pareil état d’abaissement nerveux l’intelligence semble rester tout à fait intacte. En réalité, les fonctions les plus délicates de l'esprit sont la volonté, Y attention et le sentiment présent. Ce sont ces fonctions qui disparaissent les premières dans les épuisements.
Un cas de ce genre plairait beaucoup aux partisans des théories soutenues en Allemagne par Freud. Il rattache presque toutes ces névroses, et en particulier celles où il y a de l’indifférence, à un trouble des fonctions sexuelles. Il dirait ici que c’est l’excitation de l’instinct sexuel dans le mariage et son défaut de satisfaction qui ont amené le trouble actuel. En attendant une démonstration de cette théorie, nous nous bornons à dire que les émotions
les Insuffisances i>iiysio-i»svciiolog!Qi;es
de ce mariage absurde et du procès qui l’ont suivi ont épuisé le cerveau de cette femme et ont déterminé l’abaissement nerveux qui se manifeste actuellement par cet état d’aboulie et d’indifférence.
Observation 16. — Aboulie par crises intermittentes. — Munie
(le l’ordre.
Nous vous avons autrefois signalé une forme d’aboulie intéressante qu’il ne faut pas oublier, ce sont les aboulies périodiques qui se rapprochent du délire circulaire sans cependant se confondre avec lui. Cette jeune femme de 32 ans,Cau..., dont le père était très nerveux et la mère au moins bizarre, est une psychasthénique depuis l’âge de 16 ans, mais elle ne l’est pas d’une manière continue. Elle présente des périodes qui durent de deux à huit ou dix mois dans lesquelles elle est très faible, digère très mal et souffre de maux de tête. Pendant ces périodes, elle est extrêmement paresseuse, elle aime à rester les yeux fixes, immobile, sans parler. On obtient avec peine qu’elle se décide au plus petit travail, elle met des heures à s’habiller et si elle commence une action elle s’arrête pour le plus léger prétexte.
Pendant que dure cet état, il y a un début de manie mentale. La malade est tout le temps préoccupée de l’ordre qui doit régner dans ses armoires et dans sa maison, sans cesse elle combine ce qu’elle devrait faire pour les ranger, mais elle se borne à faire le travail en imagination, elle est incapable de rien ranger en réalité. La maladie guérit peu à peu et alors Cau... redevient une femme active, mais sans agitation, sans une gaieté excessive qui fasse penser au délire circulaire. Les causes de rechute ne tardent guère à revenir ; ce sera une grossesse, un changement de domicile, une fatigqe ou une émotion. Il est probable qu’il s’agit seulement d’une grande faiblesse exposant aux rechutes pour le plus léger prétexte plutôt que d’une véritable maladie intermittente.
Observation 17. — Aboulie périodique. — Puberté, céphalalgie, indifférence, crises d’aboulie.
Voici un cas tout à fait remarquable qui se rattache à ces plié-
LES ÉTATS ABOULIQUES
nomènes d’aboulie périodique que nous vous avons déjà signalés1.
Le père de Fly. cette jeune femme de 22 ans, était un alcooliv que, elle eut des convulsions dans son enfance, mais parut se porter assez bien jusqu’à l’apparition de la puberté. Quand les règles apparurent à i/| ans et dès leur début elles troublèrent la santé. La jeune fille eut des sortes de petits délires, du moins on appela ainsi le trouble qu’elle présenta, mais la malade prétend que ce qu’elle éprouvait à cette époque fut toujours identiquement pareil à ce qui existe encore aujourd’hui. Or voici ce qui se passe tous les trois mois à peu près : elle se sent très fatiguée, elle éprouve des douleurs dans la tête, surtout au vertex, des douleurs dans les bras et les jambes, comme des meurtrissures, puis des tiraillements à l’estomac avec une sensation de faim continuelle. Peu à peu ces douleurs diminuent ou du moins elle s’en rend moins compte, car elle se sent tout à fait engourdie : « Je n’ai plus de courage pour rien faire et je ne peux plus faire attention, je me rends mal compte de ce que je vois ou de ce que j’entends, il y a comme un voile qui se répand sur toute ma personne, je deviens tout à fait indifférente et, ce qui est drôle, c’est que je n’aime plus ma petite fille tandis qu’à l’ordinaire je m’occupe beaucoup trop d’elle. Tout m’est égal et cependant je m’ennuie, je suis agacée de cet état. » Nous l’avons vue dans ces périodes et nous n’avons constaté qu’une légère et douteuse hypoesthésie. C’est toujours l’attention, la synthèse mentale, l’adaptation au réel qui est diminuée. Cet état vous est maintenant bien connu, mais ce qu’il y a de particulier ici c’est qu’il ne se prolonge que quelques jours : une fois seulement depuis dix ans, il a duré trois mois. Peu à peu le voile se lève et la malade reprend son activité normale, un mois ou deux après la crise recommence.
Nous tenons à vous faire remarquer que cette malade, soumise au traitement bromuré comme une épileptique en y ajoutant, il est vrai, l’hydrothérapie et quelques précautions d’hygiène, a vu ces crises de dépression s’écarter considérablement; depuis un an elle n’en a eu qu’une seule.